De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/06

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/06/05 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/06/07

[original French]

sein, c'est par ma faute, par ma seule faute, et par ma très grande faute, que j'ai été coupable; je veux, dis-je, être humilié, châtié, flétri, comme si j'étais l'unique et le premier prévaricateur.

Mais vous ne savez rien de la loi ni du droit. Sur toutes les choses de la vie humaine vous manquez de principes et de règles. Je vous l'ai déjà cinq fois prouvé; permettez qu'au commencement de cette Etude je vous le rappelle.

En ce qui touche les Personnes, vous n'avez point de morale. Votre Décalogue n'est qu'une énumération de catégories, votre Evangile un recueil de paraboles, votre charité le premier bégaiement de la Justice. Bien loin que vous possédiez une théorie du droit personnel, votre dogme y répugne, et l'Eglise ayant fondé sur ce dogme sa hiérarchie et sa discipline, vos intérêts sacerdotaux s'opposent à toute théorie qui le contredirait.

En ce qui concerne les Biens, vous n'avez point de morale: votre dogme y répugne, et vos intérêts s'y opposent.

Sur le Gouvernement, vous n'avez point de morale: votre dogme y répugne, et vos intérêts s'y opposent.

Sur l’Education, vous n'avez point de morale: votre dogme y répugne, et vos intérêts s'y opposent.

Sur le Travail, vous n'avez point de morale: votre dogme y répugne, et vos intérêts s'y opposent.

Et je vais vous montrer que pour ce qui regarde les Idees, vous n'avez pas non plus de morale; qu'en ceci, comme en tout le reste, vos maximes se réduisent au pur arbitraire; que l'application de la Justice à l'intelligence est incompatible avec votre dogme, et que votre intérêt le plus précieux s'y oppose.

Eh quoi! vous écriez-vous, une morale des idées! Qu'est-ce que cela? Onques n'entendîmes parler de morale en telle affaire. Que peut-il y avoir de commun entre les préceptes de la conscience et les conceptions de l'entendement? Ce qui entre dans le cerveau n'est pas ce qui souille l'homme, mais seulement ce qui sort du cœur. Allez-vous prétendre que la logique, la métaphysique, la dialectique, sont des branches de la morale?

Patience, monseigneur; vous allez voir de quoi il s'agit. C'est une découverte de la Révolution. Cela ne s'apprend pas au séminaire, et sent mauvais à l'achévêché.

[English translation]

womb; I should say that it is my fault, my fault alone, and my very great fault, that I was guilty; I should wish, I say, to be humiliated, punished, chastised, as if I were the first and only prevaricator.

But you know nothing of law or right. Of all things in life, you lack principles and rules. I have already proved this five times over; allow me, at the commencement of this study, to remind you of this.

With respect to Persons, you have no morals. Your Decalogue is a catalogue of categories, your Gospel an anthology of parables, your charity merely the first stammering of Justice. Far from having a theory of personal right, your dogma recoils from it, and the Church having founded its hierarchy and its discipline on this dogma, your priestly interests oppose any theory that would contradict it.

Regarding Goods, you have no morals: your dogma recoils from it, and your interests are opposed to it.

In matters of Government, you have no morals: your dogma recoils from it, and your interests are opposed to it.

In matters of Education, you have no morals: your dogma recoils from it, and your interests are opposed to it.

In matters of Labor, you have no morals: your dogma recoils from it, and your interests are opposed to it.

And I will show you that as regards Ideas, you have no morals; that in this, as in everything else, your maxims are reduced to pure arbitrariness; that the application of Justice to the intellect is incompatible with your dogma, and that your dearest interests object to it.

“What!” you cry, “a morality of ideas! What is this?” We have never heard morality spoken of in such a connection. What could the precepts of the conscience and the conceptions of intellect have in common? That which enters the brain is not what pollutes man, only that which comes from the heart. Will you argue that logic, metaphysics, dialectic, are all branches of morality?

Patience, monsignor, and you shall see what this is about. It is a discovery of the Revolution. It cannot be taught in the seminary, and the archbishop would turn up his nose at it.