De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/07

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[original French]

CHAPITRE PREMIER
Idée d'une méthode de direction pour l'esprit dans la recherche de la tèrité, d'apres la science moderne. — Élimination de l'absolu.

I. — L'homme est sujet à l'erreur : c'est une imperfection de sa nature qui ne saurait lui être imputée à crime.

Mais, chose étrange et qui n'appartient qu'à notre espèce, de cette infirmité de son jugement l'homme a su se faire une spécialité dans le crime. Plus il se sait sujet à se tromper, plus il est enclin à mentir, àtellç$ enseignes qu'il n'y a pas, en général, de plus grands mystificateurs que les gens qui savent le mieux comment l'homme se trompe. Au lieu de tendre la main à leur frère, ils l'enfoncent : Omnis homo mendax.

Il est donc du plus haut intérêt, non seulement pour la santé de notre esprit, mais pour l'intégrité de notre conscience, que nous apprenions, dès l'abord, à nous diriger sans le secours de personne dans la recherche de la vérité, puis à nous contrôler les uns les autres dans nos jugements et à nous garantir réciproquement contre toute espèce de mensonge : il y va de notre honneur et de notre liberté.

Où trouver cette direction?

Comme je tiens avant tout, même en traitant des idées, à rester fidèle à mon système d'expérimentalisme, je vais donner la parole à l'un de nos savants les plus positifs, les moins suspects de tendance métaphysique et révolutionnaire, à M. Babinet, de l'Istitut.

Question. — Pourquoi, se demande M. Babinet, la fin du dernier siècle et la première moitié de celui-ci ont-elles vu tant d'inventions physiques, si neuves, si belles, si utiles, si merveilleuses, tandis que les progrès des arts d'imegination, ou même des sciences métaphysiques et philosophiques, n'ont point été aussi éclatants ?

Vous le voyez, monseigneur, le témoignage que j'invoque n'a rien qui doive vous effrayer. M. Babinet, esprit vulgarisateur et qui ne se paie pas de mots, exclut du

[English translation]

CHAPTER ONE
Idea of a method of direction for the mind in search of the truth, according to modern science. — Elimination of the absolute.

I. — Man is subject to error: this is an imperfection of his nature which cannot be attributed to crime.

Strangely, however, in the case that is peculiar to our species, from this infirmity of his judgment man has made crime into a specialty. The more he knows himself to be subject to error, the more likely he is to lie, as there are no signs, in general, more mystifying than that people know best how man is mistaken. Rather than extend a hand to their brother, they smack it: Omnis homo mendax.

It is therefore of great interest not only for the health of our minds, but for the integrity of our conscience, that we learn in the first instance, to move without the help of anyone in the search for truth, then we check each other in our judgments and we guarantee each other against all kinds of lies: it is our honor and our freedom.

Where can I find this direction?

As I wish, even when dealing with ideas, to stay faithful to my system of experimentalism, I will give the floor to one of our most positive scientists, one who is least suspected of a metaphysical and revolutionary tendency, M. BABINET, of the Institute.

Question. — Why, wondered M. Babinet, have the end of the last century and the first half of this one seen so many physical inventions, so new, so beautiful, so useful, so wonderful, while the progress of the arts of imagination, or even of the metaphysical and philosophical sciences, has utterly lacked such brilliance?

You see, my lord, the witness whom I call has nothing that should frighten you. M. Babinet, a popularizing mind who is only paid in words, excludes from the