De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/10

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/10/09 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/10/11

[original French]

sique et la théologie ; c'est M. Cournot qui donne pour unique objet à la philosophie la recherche de la raison des choses; c'est M. Babinet, enfin, qui, témoin idoine, attribue exclusivement à la constatation des rapports toutes les découvertes, tous les progrès de la science moderne. N'est-il pas vrai que le règne du rapport est commencé pour la civilisation, qui ne jure plus que par cette idée?

Ce qui distingue le mouvement philosophique à dater de Bacon, ce n'est pas, comme on l'a dit, et comme M. Frédéric Morin a pris la peine fort inutile de le nier, d'avoir inventé l'expérience ; c'est d'avoir ramené l'idée pure à l'opération technique qui lui avait donné naissance ; c'est, en mettant la raison philosophique au service de l'expérience, d'avoir appris à en formuler méthodiquement les conclusions, toujours relatives à la raison, au rapport des choses, tandis qu'auparavant l'expérience, étant serve de la raison philosophique, cherchant avec elle Yen soi des choses, l'absolu, ne concluait à rien du tout. Telle fut la tendance de Descartes, qui, complétant l'œuvre de Bacon, essaya de transporter dans l'étude de l'esprit humain la méthode dont il avait si bien éprouvé la puissance dans les sciences physiques et mathématiques, et qui par cette tentative suprême acheva de renouveler la philosophie et rendit possible la Révolution. Car, vous le remarquerez, la plupart de ceux qui, dans notre âge moderne, se sont signalés comme philosophes, Bacon, Dascartes, Spinoza, Leibnitz, Newton, Pascal, Galilée, Rousseau, Kant, etc., avaient commencé par faire des expériences de physique, exercer un métier, inventer des machines, calculer, mesurer, etc. C'étaient, pour tout dire, des industrieux de première force, des hommes qui refaisaient tout seuls, de la main et du cerveau, la philosophie.

Descartes s'est trompé dans sa métaphysique, comme il s'est trompé dans ses tourbillons ; cela ne prouve qu'une chose : combien l'expérience, combien l'observation est un art difficile, et quels piéges l'imagination tend sans cesse au philosophe. Mais l'espèce de recrudescence spiritualiste causée par Descartes, et qu'on peut regarder aujourd'hui comme terminée, a servi elle-même le progrès, puisqu'elle a confirmé, par un dernier et mémorable exemple, le principe de Bacon, savoir, que les idées pures, concepts,

[English translation]

sics and theology; it is M. Cournot who gives as the sole purpose of philosophy the search for the reason of things; finally, it is M. Babinet, a good witness, who attributes all the discoveries, all the advances of modern science exclusively to the discovery of relations. Is it not true that the reign of the relation has begun for civilization, which from now on swears only by this idea?

What distinguishes the philosophical movement after Bacon, it is not, as has been said, and as M. Frédéric Morin took the penalty quite useless to deny it, for having invented the experience, but to have reduced the pure idea in the operation technique that gave birth, but by putting the reason at the service of philosophical experience, they learn to formulate conclusions methodically, always on the right, to report things, whereas previously the experience, being used as a philosophical reason, seeking with her the in itself of things, absolutely not disclosed anything. This was the trend of Descartes, supplementing the work of Bacon, tried to move in the study of the human mind the method in which he had experienced so much power in the physical sciences and mathematics, and by that supreme attempt achieved the renewal of philosophy and rendered the Revolution possible. Because, you see, most of those who, in our modern age, were reputed as philosophers, Bacon, Descartes, Spinoza, Leibnitz, Newton, Pascal, Galileo, Rousseau, Kant, and so on, had started doing experiments of physical exercise a profession, invent machines, calculating, measuring, and so on. They were, to be honest, industrious first force, men who remade alone, hand and brain, philosophy.

Descartes was mistaken in his metaphysics, as he was mistaken in his vortex, and this can prove just one thing: how much experience, how the observation is a difficult art, and what piéges imagination tends ever the philosopher. But the sort of spiritualist reaction brought about by Descartes, which we can look at today as completed, and has itself served progress, since it confirmed, in a final and memorable instance, the principle of Bacon, namely that pure ideas, concepts,