De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/105

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[original French]

prennent pas que l'équilibre des intérêts et du budget ait pour condition la bataille des opinions. Il leur faut du silence, de l'obéissance, comme aux disciples de Pythagore. Le régime parlementaire, pour lequel ils s'étaient dévoués en juillet et en février, finit par leur donner de l'inquiétude; presque tous ils ont appelé de leurs vœux la paix impériale. Sont-ils contents? Non. Cette race ne peut ni vivre ni mourir; il lui faudrait un juste milieu entre être et le non-être!


LIV. — Considérez ce qui se passe en votre âme: l'opposition des facultés, leur mutuelle réaction est le principe de son équilibre; disons plus, la cause du sentiment qu'elle a de son existence. Votre vie mentale, de même que votre vie sensitive, se compose d'une suite de mouvement oscillatoires, et vous ne sentez votre moi que par le jeu des puissances qui vous constituent. Supposez un instant de repos général, vous perdez, comme vous dites, connaissance, vous tombez dans la rêverie. Qu'une faculté essaie alors d'usurper le pouvoir; l'âme est troublée, et l'agitation continue jusqu'à ce que le mouvement régulier soit rétabli. C'est la dignité de l'âme de ne pouvoir souffrir qu'une de ses puissances subalternise les autres, de vouloir que toutes soient au service de l'ensemble; là est sa morale, là est sa vertu.

Ainsi va la société: l'opposition des puissances dont se compose le groupe social, cités, corporations, compagnies, familles, individualités, est la première condition de sa stabilité. Qui dit harmonie ou accord, en effet, suppose nécessairement des termes en opposition. Essayez une hiérarchie, une prépotence: vous pensiez faire de l'ordre, vous ne faites que de l'absolutisme. L'âme sociale, en effet, pas plus que la vôtre, ô spiritualiste obstiné, n'est un prince suzerain, gouvernant des facultés sujettes; c'est une puissance de collectivité, résultant de l'action et de la réaction de facultés opposées; et c'est le bien-être de cette puissance, c'est sa gloire, c'est sa justice, que nulle de ses facultés ne prime les autres, mais que toutes agissent au service de tout, dans un parfait équilibre.

Or qui rétablira l'équilibre troublé, qui prêtera main-

[English translation]

stand that a balance of interests and of budget has for its condition the battle of opinions. They demand silence and obedience, like the followers of Pythagoras. The parliamentary system, to which they had been devoted in July and February, eventually caused them disquiet; they have almost all of them called for the imperial peace. Are they happy? No. This race can neither live nor die; it must have a balance between being and non-being!


LIV. — Consider what takes place in your soul: the opposition of the faculties, their mutual reaction is the principle of its balance; furthermore, it is the cause of the consciousness which it has its own existence. Your mental life, just as your sensory life, is composed of a continuous oscillatory movement, and you feel your me only through the play of the powers which constitute you. Assume a moment of rest, and you lose, as you say, consciousness, you drift into reverie. If one faculty then tries to usurp power, the soul is troubled, and agitation continues until the normal process is restored. It is the dignity of the soul that it cannot suffer one of its powers to subalternize others, that it requires each to be all at the service of all; there is its morality, there is its virtue.

So it is with society: the opposition of powers from which the social group, cities, corporations, societies, families, and individualities are composed, is the first condition of their stability. Who says harmony or agreement, indeed, necessarily presupposes terms in opposition. Attempt a hierarchy, a prepotency: you intended to create order, you only create absolutism. The social soul, O obstinate spiritualist, is no more than yours a sovereign prince, controlling passive faculties; it is a power of collectivity, resulting from the action and reaction of opposed faculties; and it is the well-being of this power, it is its glory, it is its justice, that none of its faculties precedes the others, but that all act in the service of all, in a perfect balance.

Now, who will restore the disturbed balance, who now will come to the