De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/111

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/111/110 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/111/112

[original French]

-rité la sanction du législateur. Mais il appert aujourd'hui que la propriété, malgré tous les efforts des juristes, est devenue incompatible avec l'ordre social. Elle attend sa transformation, et nous assistons depuis une vingtaine d'années à un travail d'expurgation dont j'ai essayé de marquer le but, en présentant la balance des droits et devoirs réciproques du locataire et du propriétaire.

Il en est ainsi de tout le système social, conçu d'abord, et nécessairement, du point de vue absolutiste.

Donc, élimination de cet absolu, et constitution de la raison collective par l'équation ou balance réciproque des pensées individuelles, voilà ce que requiert impérieusement le soin de la vérité et de la Justice, ce que l'histoire montre comme le principe recteur des sociétés, ce que réclame avec un surcroît d'énergie la Révolution, mais ce que le Christ et son Eglise repoussent en même temps de toute la puissance de leur foi.

Et pourquoi l'autorité religieuse, établie en vue de la Justice, se montre-t-elle si hostile à la ventilation des idées, sans laquelle le Verbe divin demeurerait sans expression, la Justice et la bonne foi impossibles?

C'est que l'absolutisme individuel qu'il s'agit d'éliminer n'est autre, au fond, que l'absolu transcendantal, dont l'exorbitance dans la spéculation philosophique fait toute la réalité des révélations, de même que son intrusion dans la loi fait la perte des mœurs et la ruine des Etats.


CHAPITRE VII

Continuation du même sujet. — La raison publique, condition et fondement de la foi publique.


LVII. — Mais, dit-on, la distinction de la raison particulière et de la raison collective soulève plus de difficultés qu'elle n'en peut résoudre.

Suffit-il d'abord de crier à l'individualisme, pour en conclure une soi-disant raison générale, dont on ne peut se faire une idée que par une sorte de castration de l'entendement,

[English translation]

the sanction of the legislature. But it is now apparent that property, despite the best efforts of jurists, has become incompatible with social order. It awaits its transformation, and we have been witnesses over the past two decades to a work of expurgation the goal of which I have attempted to mark by presenting the balance of the reciprocal rights and duties of the tenant and the owner.

It is thus for the entire social system, which is conceived first of all, and necessarily, from the absolutist point of view.

Therefore, elimination of that absolute, and the constitution of the collective reason by the equation or reciprocal balance of individual thoughts, this is what the concern for truth and Justice imperatively requires, what history demonstrates as the rectifying principle of societies, what the Revolution demands with even more force, but what Christ and his Church at the same time reject with the full force of their faith.

And why is religious authority, established with the aim of Justice, so hostile to the airing of ideas, without which the divine Word would remain without expression, without which Justice and good faith would be impossible?

It is because the individual absolutism that it is a question of eliminating is nothing other, in essence, than the transcendental absolute, of which the exorbitance in philosophical speculation makes all the reality of revelations, just as its intrusion into law causes the loss of morals and ruin of States.


CHAPTER VII


Continuation of the same subject. — Public reason, condition and foundation of public faith.

LVII. — But, one says, the distinction between particular reason and collective reason raises more problems than it solves.

First of all, is it enough to proclaim individualism, in order to conclude in a so-called general reason, of which we can only get an idea by a kind of castration of the understanding,