De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/116

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[original French]

caractères, à systématiser la société; et autre la raison collective, faisant partout élimination de l'absolu, procédant invariablement par équations, et niant énergique— ment, quant à la société qu'elle représente, tout système. Incompatibilité de formes, antagonisme de tendances : que veut-on de plus pour affirmer la distinction de ces deux: natures?

LIX. — Réalité de la raison publique.

Mais quelle idée se faire de cette raison collective, qui résiste avec tant de force et un succès si complet aux fantaisies de la raison individuelle? Est-ce une âme, un esprit, une entéléchic, quelque chose comme ce que nous imaginons quand nous parlons de l'esprit divin, des intelligences célestes, de notre âme immatérielle et immortelle?

Et pourquoi non, si notre entendement ne peut concevoir autrement la chose? L'intelligence est partout, latente ou consciente, avons-nous observé plus haut. Ce que disait en autres termes le philosophe : L'esprit dort dans la pierre, rêve dans l'animal, raisonne dans l'homme. Pourquoi ne raisonnerait-il pas aussi dans l'humanité?

Mais écartons ces conceptions hardies. Ce n'est pas ainsi que la Révolution, s'exposant elle-même, doit poser sa raison et procéder à la discipline des idées.

Dès lors qu'elle rejette de son programme les confessions de foi religieuse et toutes les inventions de la philosophie transcendante, révélation, dogme, autorité, hiérarchie, Eglise, discipline; dès lors qu'elle repousse le spiritualisme cartésien au même titre que le matérialisme d'Epicure, elle ne peut concevoir la Raison publique comme une entité métaphysique à part, un Logos antérieur et supérieur. mais comme la résultante de toutes les raisons ou idée's particulières, dont les inégalités provenant de la conception de l'absolu et de son affirmation égoïste, se compensent par leur critique réciproque et s'annulent.

Une raison qui résulte, dites-vous, est comme un esprit qui se compose, ou une âme formée de parties : cela répugne au sentiment que nous avons de 1 unité, de la simplicité, de l'identité de notre moi.

[English translation]

and characters to systematize society, is one thing, and something other is the collective reason, everywhere eradicating the absolute, proceeding invariably by equations, and energetically denying, like the society it represents, any system. Incompatibility of forms, antagonism trends: what do we want to say more for the distinction of these two natures?

LIX. — Reality of the public reason.

But what idea to make this reason collective, which resists with both strength and a complete success if the whims of individual reason? Is it a soul, a spirit, a dream, something like what we imagine when we are talking about the divine spirit, celestial intelligences, our immaterial and immortal soul?

And why not, if our understanding can not conceive otherwise thing? The intelligence is everywhere, latent or conscious, we have observed earlier. It said that in other words the philosopher: The spirit sleeps in stone, dream in the animal, reasoning in humans. Raisonnerait Why does it not also in humanity?

But let us away with these bold conceptions. This is not the way the Revolution, exposes itself, must ask his reason and to discipline ideas.

Since it expels from its program the religious faiths and all the inventions of transcendent philosophy, revelation, dogma, authority, hierarchy, Church, discipline; since it rejects Cartesian spiritualism as well as the materialism of Epicurus, it cannot conceive of the public Reason as a metaphysical entity, an anterior and superior Logos, but as the resultant of all particular reasons or ideas, the inequality of which provenant of the conception of absolute and its egoistic affirmation, compensate for one another by their reciprocal criticism and cancel one another out.

A reason that results, you say, is like a spirit that is composed, or a soul formed of parts: it is repugnant to the feeling that we have of the unity, the simplicity, the identity of our self.