De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/117

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[original French]

Raisonnerez-vous toujours de l'absolu comme si vous en aviez une connaissance démonstrative et empirique? Que savez-vous de votre moi et de sa simplicité, âme simple que vous êtes? Et parce que vous vous concevez gratuitement, sans preuve aucune, par la seule vertu de votre absolutisme, comme sujet simple, s'ensuit-il que vous ne puissiez et ne deviez vous concevoir également, lorsque l'explication des faits le requiert, comme une résultante?

De même que nous avons vu le concours des forces produire une résultante differente en qualité des forces qui la composent et supérieure à leur somme ; de même le conflit des opinions engendre une raison différente de qualité et supérieure en puissance à la somme de toutes les raisons particulières qui par leur contradiction la produisent.

Je dis différente de qualité: c'est prouve par l'antagonisme des deux raisons. J'ajoute supérieure en puissance: le progrès de la société le démontre.

Si grande, en effet, que vous fassiez la raison de l'individu, toujours elle sera mêlée d'éléments passionnels, égoïstes, transcendantaux, en un mot absolutistes. Cela s'observe dans les mouvements de la multitude, les préjugés nationaux, les haines de peuple à peuple, si souvent décorées du nom de patriotisme : toutes choses qui ne sont que de l'absolutisme individuel, multiplié par le nombre des coquilles d'huîtres qui l'expriment. C'est par là que le genre humain a été victime si longtemps d'institutions et d'idées qui semblaient recevoir leur autorité de la Raison publique, en qui se révélait, pensait-on, la volonté des dieux, tandis qu'elles n'étaient que de monstrueuses exor- bitances de la raison individuelle.

Or, nous voyons la raison collective détruire incessamment, par ses équations, le système formé par la coalition des raisons particulières : donc elle n'en est pas seulement différente, elle leur est supérieure à toutes, et sa supériorité lui vient justement de ce que l'absolutisme, qui tient une si grande place chez les autres, devant elle s'évanouit.

Convenons donc que la raison collective n'est pas un vain mot : c'est d'abord et indubitablement un. rapport. Or, comme le rapport ou la raison des choses est en toute

[English translation]

Do you always reason from the absolute as if you had a demonstrative and empirical knowledge? What do you know about your self and its simplicity, simple soul that you are? And because you design for free, without any proof, by the mere virtue of your absolutism, as simple subject, it follows that you can do and you had to design also, when explaining the facts required, as a result?

Just as we saw the contest forces produce a different result as the forces that make up and above their sum, so the conflict of opinions creates a different reason for quality and superior power to the sum of all the reasons special contradiction with their produce.

I say different in quality: this is proved by the antagonism of two reasons. I would add greater in power: the progress of society demonstrates it.

Indeed, however great the reason of the individual, it is always mixed with passional elements, egoistic, transcendental, in a word absolutist. This can be seen in the movements of the multitude, the national prejudices, the hatreds of one people for another, that are so often decorated by the name of patriotism: all things that are only individual absolutism, multiplied by the number of oyster-shells that express it. Therein lies the human race has so long been the victim of institutions and ideas that seemed to receive their authority from the public Reason, which proved felt on the will of the gods, while they were only monstrous exorbitances of the individual.

Yet we see reason collective destroy shortly by its equations, the system formed by the coalition of reasons: so it is not only different, she is above all, and its superiority comes precisely what absolutism, which holds a large place among others, before it vanishes.

Let us agree, therefore, that collective reason is not an empty word: it is first and foremost, and beyond all doubt, a relationship. But as the relationship or reason of things is, in all