De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/120

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/120/119 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/120/121

[original French]

si elles avaient la moindre idée de leur mission, si l'hypocrisie de la transcendance n'avait pas faussé leur conscience autant que leur entendement, rien ne leur serait plus aisé que d'assumer sur les œuvres de l'intelligence cette haute juridiction. Il n'est pas plus difficile de démêler dans un livre d'histoire, d'économie, de politique, de morale, de littérature, dans un discours, ce qui vient; d'une raison légitime d'avec ce qui est le produit du mysticisme ou de l'absolutisme, que de le signaler dans les chose de la physique et de l'histoire naturelle.

Elles diraient à la jeunesse : " Jusqu'à la Révolution française, la philosophie sociale n'a possédé que des maximes de simple intuition, quelques-unes très belles, d'autres en plus grand nombre, douteuses, la plupart malsaines, toutes dépourvues de principe, de lien, de méthode; sujettes d'ailleurs à toutes les exceptions de l'égoïsme, à toutes les inconséquences du privilége, aux violations sans fin de la raison d'Eglise et de la raison d'Etat.

"Les institutions du consentement tacite et universel ont été le piége de la liberté ; la morale des nations a été la honte des nations. L'Evangile même ne saurait ici trouver grâce : plus qu'aucun autre code, il incline à l'absolutisme ; et plus il a su émouvoir, par sa charité et son mépris de la richesse, le cœur du travailleur, plus sûrement il est devenu pour le travail une cause de réprobation et de servitude.

"Jeunes écrivains, le juste et le vrai sont deux termes auxquels toute raison particulière aspire avec force, mais qui ne sont donnés avec plénitude que dans la raison collective, dont la logique et l'expérience s'accordent à démontrer l'incompatibilité avec l'absolu.

"Jamais donc vous ne supposerez dans vos écrits, comme réalité positive, nécessaire à l'intelligence et à la sanction de la Justice ; jamais vous n'admettrez dans vos définitions et vos théorèmes, qui tous doivent porter exclusivement sur des faits et des rapports, ni Dieu, ni âme, ni esprit, ni matière, ni ange, ni démon, ni paradis, ni enfer, ni création, ni résurrection, ni métempsycose, ni révélation, ni miracle, ni sacrement, ni prière, rien enfin qui implique une existence de l'absolu séparé du phénomène, une manifestation en soi de l'absolu.

[English translation]

if they had the least idea of their mission, if the hypocrisy of the transcendence had not distorted their conscience as much as their understanding, nothing would not be easier for them than to assume on works of the intelligence this high jurisdiction. It is not more difficult to disentangle in book of history, of economy, of policy, of morals, of literature, in speech, which comes from a legitimate reason of with what is the product of mysticism or the absolutism, that to announce it in the things of physics and natural history.

They would say to the young: “Until the French revolution, social philosophy had only maxims of simple intuition, some very beautiful, others, in greater number, dubious, the majority malsaines, all deprived of principle, coherence, method; subject besides to all the exceptions of selfishness, all the inconsistencies of privilege, the endless violations of reason of Church and the reason of State.

“The institutions of the tacit and universal assent were the trap of freedom; the morals of the nations was the shame of the nations. Even the Gospel would not be able to find grace here: more than any other code, it inclines toward absolutism; and the more it was able to move, by its charity and its distrust of wealth, the worker’s heart, the more surely it became for labor a cause of reprobation and servitude.

“Young writers, the just and the true are two terms toward which any particular reason strongly aspires, but which are given in their plenitude only to the collective reason, with respect to which logic and experience combine its incompatibility with the absolute.

“Thus, never will you presuppose in your writings, as a positive reality, necessary to the intelligence and to the sanction of Justice; never you will admit into your definitions and your theorems, which all must exclusively regard facts and relations, neither God, nor soul, nor spirit, nor matter, nor angel, nor demon, nor paradise, nor hell, nor creation, nor resurrection, nor metempsychosis, nor revelation, nor miracle, nor sacrament, nor prayer; nothing, finally, which implies an existence of the absolute separated from phenomena, a manifestation in itself of the absolute.