De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/123

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[original French]

que, comme la raison publique est faussée, la foi publique est nulle.

Ceci est le dernier degré de dépravation auquel puisse descendre une société.

C'est déjà un mal bien grand, et nos précédentes Etudes ont servi à le faire comprendre, lorsque, par suite de l'invasion de l'absolu, toute Justice se trouve détruite dans les relations humaines, dans l'économie, le gouvernement, l'éducation, le travail.

Mais l'immoralité ne s'arrête pas là : dans une société livrée de fait au probabilismo, la fidélité aux engagements, la constance dans les maximes et dans la conduite, deviennent de plus en plus rares ; en sorte qu'à l'iniquité générale des situations se joignent, avec ce qu'ils ont de plus odieux, le mensonge, la trahison, la vénalité, et par contrecoup, le soupçon injuste et la calomnie.

Qui pourrait vivre dans une société d'où toute foi serait bannie?... Or, quand la foi publique fut-elle plus indignement violée, le mépris des principes et des serments pratiqué sur une plus grande échelle que depuis la Révolution?

Lorsque, à la suite des journées, de juillet 1830, il fut écrit dans la nouvelle charte qu'il n'y avait plus de religion d'Etat, tout le monde comprit de suite la portée de cet amendement. L'absolu théologique disparaissant de la constitution, il ne pouvait plus exister de ce chef, dans le corps politique, ni partis, ni antagonisme, partant plus d'hypocrisie ni d'apostasie, pas plus que de favoritisme ou de martyre. Rien à gagner ou à perdre, devant l'Etat, à suivre telle religion plutôt qu« telle autre, pas même une mauvaise note à qui n'en professait aucune. La constance dans la foi religieuse ou la défection, relativement à la la chose publique, était un non-sens. La trahison ne pouvait plus exister qu'entre zélateurs du môme culte et pour les choses de culte ; hors de son Eglise, s'il appartenait à une Eglise, le citoyen n'était tenu que d'être honnête homme.

Or, ce que la Révolution a fait pour l'absolu théologique, elle tend à le faire pour l'absolu politique et économique : c'est à dire que, s'élevant au dessus de toute forme extérieure de gouvernement, comme de toute clas

[English translation]

that, as the public reason is faussée, public faith is nulle.

This is the final degree of depravity to which a society can descend.

It is already a very great evil, and our previous Studies have served to make this understood, when, by way of the invasion of the absolute, all Justice finds itself destroyed in human relations, in the economy, government, education and labor.

But the immorality does not stop there: in a society delivered de fait to probabilism, la fidélité aux engagements, la constance in maxims and in conduct, becomes more and more rare; so that to the general iniquity of situations is joined, with that which is more odious, le mensonge, treason, venality, et par contrecoup, unjust suspicion and calomny.

Who could live in a society from which all faith had been banned?... Now, when has the public faith been more indignement violated, the mépris of principes and oaths practiced on a grander scale than since the Revolution?

When, à la suite des journées, de juillet 1830, it was written in the charter that there would no longer be a religion of State, everyone understood de suite la portée of that amendment. The theological absolute disappearing from the constitution, there could no longer exister de ce chef, in the body politic, neither parties, nor antagonism, partant plus d'hypocrisie ni d'apostasie, pas plus que de favoritisme ou de martyre. Nothing to gain or to lose, before the State, à suivre telle religion plutôt que telle autre, pas même une mauvaise note à qui n'en professait aucune. La constance dans la foi religieuse ou la défection, relativement à la la chose publique, était un non-sens. La trahison ne pouvait plus exister qu'entre zélateurs du môme culte et pour les choses de culte ; hors de son Eglise, s'il appartenait à une Eglise, le citoyen n'était tenu que d'être honnête homme.

Now, what the Revolution has done for the theological absolute, it tends to do for the political and economic absolute: that is to say that, rising above every external form of governments, as of every clas