De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/126

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[original French]

dans sa correspondance avec M. de la Marck. Les événements ont depuis justifié les prévisions de Mirabeau : rien, d'abord, n'a pu s'établir en France contre la Révolution; quant à la constitution du pouvoir, de tous les gouvernements qui se sont succédé parmi nous jusqu'à ce jour, le seul qui ait servi l'ordre et la liberté a été le gouvernement constitutionnel ; le plus malheureux de tous a été le républicain.

LXIII. — Il y a loin de mon individualité chétive à celle de Mirabeau ; je n'ai pas plus la puissance de ses vices que la puissance de son génie. Mais il est une vertu modeste qui sied aux petites gens, c'est la franchise; et, puisque je ne suis pas plus qu'un autre à abri du soupçon, je tiens à ce qu'amis et ennemis sachent, le cas échéant, sur quelles données ils devront instruire mon procès.

Je trouve dans ma biographie cette espèce d'éloge, dont l'expression trahit suffisamment l'origine :

Renonçant à poursuivre Proudhon, les ministres de Louis-Philippe cherchèrent à le séduire. C'est dans les mœurs gouvernementales du jour. On lui offrit une chaire à son choix, chaire d'histoire ou d'économie politique. Pierre Joseph, comme on le devine fort bien, se donna la gloire de trancher de l'incorruptible.

Non, monseigneur, je n'ai pas tranché de l'incorruptible, attendu qu'on ne m'ofrit jamais de chaire, et que personne du gouvernement de Louis-Philippe ne tenta de me séduire. Cette déclaration très sincère diminuera sans doute de ma gloire dans l'opinion de certaines gens ; soit, j'aime mieux cela. J'ajouterai même, pour l'entière édification de mes lecteurs, que si, en 1843, le gouvernement de Louis-Philippe, à qui M. le préfet de police Delessert m'avait signalé comme un homme dangereux, m'eût offert une chaire d'économie politique, j'aurais accepté! quitte à donner ma démission, comme Michelet, et Qui net, le jour où ma parole n'eût plus été libre. J'en dis autant de la prétendue tentative d'acheter ma conscience, moyennant une place de rédacteur du journal de la préfecture. Toutes ces histoires de corruption pratiquée sur des hommes de doctrine, dont se repaît l'imagination populaire, sont

[English translation]

dans sa correspondance avec M. de la Marck. Les événements ont depuis justifié les prévisions de Mirabeau : rien, d'abord, n'a pu s'établir en France contre la Révolution; quant à la constitution du pouvoir, de tous les gouvernements qui se sont succédé parmi nous jusqu'à ce jour, le seul qui ait servi l'ordre et la liberté a été le gouvernement constitutionnel ; le plus malheureux de tous a été le républicain.

LXIII. — Il y a loin de mon individualité chétive à celle de Mirabeau ; je n'ai pas plus la puissance de ses vices que la puissance de son génie. Mais il est une vertu modeste qui sied aux petites gens, c'est la franchise; et, puisque je ne suis pas plus qu'un autre à abri du soupçon, je tiens à ce qu'amis et ennemis sachent, le cas échéant, sur quelles données ils devront instruire mon procès.

Je trouve dans ma biographie cette espèce d'éloge, dont l'expression trahit suffisamment l'origine :

Renonçant à poursuivre Proudhon, les ministres de Louis-Philippe cherchèrent à le séduire. C'est dans les mœurs gouvernementales du jour. On lui offrit une chaire à son choix, chaire d'histoire ou d'économie politique. Pierre Joseph, comme on le devine fort bien, se donna la gloire de trancher de l'incorruptible.

Non, monseigneur, je n'ai pas tranché de l'incorruptible, attendu qu'on ne m'ofrit jamais de chaire, et que personne du gouvernement de Louis-Philippe ne tenta de me séduire. Cette déclaration très sincère diminuera sans doute de ma gloire dans l'opinion de certaines gens ; soit, j'aime mieux cela. J'ajouterai même, pour l'entière édification de mes lecteurs, que si, en 1843, le gouvernement de Louis-Philippe, à qui M. le préfet de police Delessert m'avait signalé comme un homme dangereux, m'eût offert une chaire d'économie politique, j'aurais accepté! quitte à donner ma démission, comme Michelet, et Qui net, le jour où ma parole n'eût plus été libre. J'en dis autant de la prétendue tentative d'acheter ma conscience, moyennant une place de rédacteur du journal de la préfecture. Toutes ces histoires de corruption pratiquée sur des hommes de doctrine, dont se repaît l'imagination populaire, sont