De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/128

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[original French]

intrigants, des commerçants politiques et des mouchards , voulez-vous, une fois pour toutes, savoir à quel signe se reconnaissent les fripons et les traîtres? L'absence d'idées scientifiques et de principes positifs, toujours facile à constater pour quiconque n'en est pas lui-même dépourvu.

LXIV. — Que les hommes qui de nos jours apportent à la démocratie le concours de leurs convictions religieuses y réfléchissent : abstraction faite de la solidité de leur vertu, que je ne mettrai jamais en doute, ils sont, parleur religion même, dans l'occasion toujours prochaine de la défection.

Le christianisme, qui ne croit pas à la vertu humaine ; qui n'admet la science libre que sous bénéfice de conciliation avec la foi ; qui ne voit dans les idées trouvées par la raison que des probabilités, de pures fantaisies, indignes par elles-mêmes de Ja considération de l'esprit; qui prétend les faire servir toutes, bonnes et mauvaises, à ses desseins ; qui trouve habile, en conséquence, d'avoir dans toutes les écoles, dans tous les gouvernements, des hommes à lui, de s'allier à toutes les causes, de fraterniser avec toutes les opinions, d'organiser sa propagande sous tous les drapeaux ; qui jure tantôt par la Constitution et tantôt contre la Constitution ; qui prêche la croisade en faveur de l'Islam, après l'avoir prêchée pendant douze siècles contre l'Islam; qui, en 1855, canonise la Pucelle, brûlée par lui en 1431 ; qui un jour défend le prêt à intérêt, et un autre jour soutient le prêt à intérêt ; qui dans la même chaire tonne contre l'exploitation bourgeoise, et puis fulmine contre l'insoumission du prolétaire ; le christianisme qui appelle liberté tout ce zigzag et s'en sert comme d'un carreau contre la liberté; le christianisme, dis-je, croit naturellement à la corruption des consciences; il croit que l'idée est vénale; il ne peut pas ne le pas croire, puisque toute idée autre que la conception de l'absolu est vaine à ses yeux, matière à dispute, sujette au doute, aux restrictions, aux transactions, par conséquent viciée dans son principe, suspecte à elle-même, et toujours dans la disposition de se sacrifier sur l'autel de l'intérêt, à moins, ce qui est rare, que ce ne soit sur celui de la religion.

[English translation]

intrigants, des commerçants politiques et des mouchards , voulez-vous, une fois pour toutes, savoir à quel signe se reconnaissent les fripons et les traîtres? L'absence d'idées scientifiques et de principes positifs, toujours facile à constater pour quiconque n'en est pas lui-même dépourvu.

LXIV. -- Let the men who in our times apportent to democracy the concours of their religious convictions reflect on it: leaving aside the solidite of their virtue, that I would never put in doubt, they are, by their religion itself, always in the occasion next to defection.

Christianity, which does not believe in human virtue, which allows free science only sous benefice of conciliation with faith, which sees in the ideas discovered by reason only probabilities, pure fantasies, unworthy by themselves of the consideration of the mind, which pretends to make all, good and bad, serve its designs, which consequently finds it habile to have its men in all the schools, all the governments, to s'allier to all causes, to fraternize with all opinions, to organize its propaganda under all flags, which jure sometimes by the Constitution and sometimes against the Constitution, which preaches the crusade in favor of Islam, after having preached for twelve centuries against Islam, which in 1855 canonized la Pucelle, brulee by it in 1431, which one day [defend] loans at interest and another day soutient them, which in the same chaire tonne against bourgeois exploitation, and then fulmine against the insubmission of the proletariat, the christianity which calls liberty all of this zig-zag and s'en sert as a carreau against libertye christianity, I say,believes naturally in the corruption of consciences, it believes that the idea is venal; it cannot not believe it, since every idea other than the conception of the absolute is vain in its eyes, a matter to despute, subject to doubt, to restrictions, to transactions, consequently vicious in its principle, suspect in itself, and always of the disposition to sacrifice itself on the autel of interest, at least, that which is rare, that which ne soit sur cela of religion.