De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/136

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[original French]

l'autre, pour l'équilibre de sa volonté, le despotisme de l'Etal! Ce n'est pas à cette conclusion du spinozisme, sans doute, que Tous pensez nous conduire! Prouvez donc alors que la conscience est douée d'une force suffisante, et que sa justification par elle-même est possible. Bannissez Je péché, après l'avoir expliqué toutefois.

" Cette difficulté n'est pas la seule.

" b. La justice, dites-vous, est la faculté que nous avons de sentir notre dignité en autrui. A merveille. Mais, quelle que soit cette faculté, et en lui accordant toute l'énergie possible, elle n'aboutira pas, et la Justice, conçue dans la conscience, ne se réalisera point dans les actes, sans la certitude d'une réciprocité. Quelques vertueux obstinés se résigneront peut-être à respecter le droit quand même, à payer ceux qui les volent, à glorifier ceux qui les calomnient, à tendre la main aux brigands qui les assassinent. La philosophie a eu ses martyrs, la Justice quand même peut bien avoir aussi les siens. Mais ces rares exemples n'auront pas le pouvoir d'entraîner les masses. Pour qu'elles respectent le droit et obéissent au devoir, il faut, à tout le moins, qu'elles aient une garantie quelconque de retour. Où trouvez-vous cette garantie, qui dans votre système doit jouer le même rôle que la religion dans celui de l'Eglise? Quand la méfiance, devenue universelle, aura rendu l'iniquité générale et irremédiable, avec quoi ramènerez-vous la confiance? Rien ne se produit en vertu de rien, c'est votre troisième axiome. Auriez-vous en réserve quelque influence prémouvante, qui sollicite la foi antérieurement à la Justiee, et tienne pour vous lieu de grâce? Quelle est cette influence?Dites d'où elle vient et comment elle opère ;

" Ce n'est pas tout.

" c. Le péché n'a pas d'existence objective. Les actions de l'homme, de même que les créatures qui l'environnent, sont, au point de vue de la morale, en elles-mêmes indifférentes ; elles ne deviennent répréhensibles que par l'intention qui y préside. Or, si les actions sont indifférentes Î>ar nature, comment deviennent-elles condamnables par 'intention? qui peut juger de cette dernière? Qui nous dira où l'intention vertueuse finit, où l'intention criminelle commence? Quelle science humaine peut affirmer que les inten-

[English translation]

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Notes

<references />