De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/137

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[original French]

tions ne sont pas, comme les actions, indifférentes? Et puis, qu'est-ce qu'une intention ? Vous qui raillez si agréablement l'absolu, ne sacrifiez-vous pas ici à l'absolu, contre vos propres maximes? Où trouvez-vous, enfin, ce critère du bien et du mal sans lequel il vous est impossible d'établir une accusation, de formuler un jugement, d'appliquer une peine? Eh quoi! à force de vouloir réaliser, selon votre expression, la Justice en l'humanisant, voici que vous l'évaporez dans les secondes intentions, comme dit votre auteur favori, Rabelais ! Vous n'avez rien sur quoi vous puissiez établir votre législation; et votre Raison pratique, séparée de la religion, qui seule peut lui donner Yexequatur, s'évanouit dans le néant.

" Ainsi, sans parler de l'innéité ou immanence, sur laquelle il est inutile de prolonger le débat, vous ne prouvez nullement, ce que d'abord vous eussiez dû faire, l'efficacité, dans l'homme, du sentiment ou de la faculté qu'il a de la Justice. Non seulement vous ne prouvez pas cette efficacité, vous êtes forcé de reconnaître que le fait du péché, fait universel s'il en fut, la dément. Puis, vous ne pouvez pas, dans votre système d'immannence, vous passer d'une excitation supplémentaire qui agisse sur l'âme à la façon de la grâce. Et quand vous vous passeriez de cette excitation, votre théorie tomberait encore, par l'impuissance radicale où vous êtes de formuler une loi et de discerner le bien d'avec le mal. Ajoutez qu'il vous reste à rendre raison de l'existence du péché, et à dire ce que devient chez vous . la religion, qui ne peut pas aboutir à néant, selon vos axiomes.

" Que s'il en est ainsi, poursuivent nos adversaires, des conceptions purement rationnelles de la morale, ue devons-nous pas avec le sentiment universel tirer cette conséquence : que le gouvernement de l'humanité par la Justice seule est chimérique ; qu'à des cœurs incirconcis et conténébrés il faut autre chose que Y économie politique et la presse libre, autre chose que ce prétendu droit de l'homme et du citoyen, qui vaut sans doute en tant que confession de la nécessité d'une loi morale, mais qui hors de là est une pure déception, un indigne charlatanisme ? Et pour conclusion, ne sommes-nous pas forcés de reconnaître que pour parler aux hommes de désintéressement,

[English translation]

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Notes

<references />