De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/15

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/15/14 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/15/16

[original French]

V. —Nous avons parlé des sciences physiques, vous eût-il dit; parlons des sciences de la vie et de la société.

Considérant le phénomènes vitaux dans le règne animal, je puis classer, selon les lois de leur organisme, les animaux par genres et espèces ; comparer les manifestations de la vie dans toutes les conditions de la structure et de milieu. Cette étude formera pour moi la zoologie ou science des êtres vivants; quant à la, vie elle-même, je n'en connais rien. Véritablement, je conçois les phénomènes zoologiques comme se rapportant à un je ne sais quoi, fluide ou tout ce qu'il vous plaira, que j'appelle vie ou principe de vie, qui se choisit ses matériaux et les organise ; qui les protége contre les attractions chimiques et la dissolution ; qui se distribue dans l'ensemble des corps organisés, les particularise, les anime et les soutient tous, comme la trombe soutient les corps qu'elle enlève dans son tourbillon. Par toutes ces causes, je puis bien concevoir la vie comme une essence, un en soi particulier, un absolu, auquel je rapporte les phénomènes vitaux; il est même nécessaire que je la conçoive ainsi, afin de distinguer les faits de la nature organique d'avec ceux de la nature inorganique. La confusion de la physiologie et de la physique, fondée sur l'hypothèse, impossible à démontrer, de l'identité du principe vital et du principe chimique, deviendrait pour moi la cause d'une désorganisation de la science même. Mais la science, qui va jusqu'au concept et qui le pose, ne peut plus dire si l'objet conçu est matière ou autre chose que matière, si c'est un substralum différent de la matière ou un état particulier de la matière; elle ne pénètre pas jusque-là et s'arrête court. Ne pas nier Yen soi de la vie, le supposer, le distinguer, est tout ce que je puis. Devant la science, cette vie ne devient une réalité intelligible qu'en deçà du phénomène ; au delà, ce n'est plus qu'une hypothèse, nécessaire il est vrai, mais une hypothèse.

Toute spéculation sur le principe vital considéré en lui- même, et abstraction faite des organismes dans lesquels il apparaît et se détermine, m'est donc interdite : elle ne pourrait aboutir qu'à ramener la confusion dans la science. La vie est-elle un principe à part, ou la même chose que l'attraction, le calorique et l'électricité? Les

[English translation]

V. — We spoke of the physical sciences, you would have said, in speaking of the sciences of life and society.

Recognizing the vital phenomena in the animal kingdom, I can classify, according to the laws of their organizations, animal genera and species; compare the events of life in all conditions of the structure and environment. This study will provide for me zoology or science of living beings; about life itself, I know nothing. Truly, I see Zoological phenomena as a reference to a je ne sais quoi, fluid or anything you like, or what I call life for life, which chooses its materials and organizes, which protects against Chemical attraction and dissolution, which is distributed throughout the body organized, distinctive, animates and sustains all, as the jackrabbit supports it removes body in its vortex. For all these reasons, I can conceive of life as a particular essence, an en soi, an absolute, to which I relate vital phenomena; it is even necessary for me to conceive of it as such, in order to distinguish the facts of organic nature from those of inorganic nature. The confusion of physiology and physics, based on the hypothesis, impossible to prove, of the identity of the vital principle and the chemical principle, becomes, for me, the cause of a disruption of science itself. But science, which goes just as far as the concept and that posits it, can no longer tell whether the object conceived is matter or something other than matter, if it is a substratum different from matter or a particular state of matter; it does not penetrate so far, and so stops short. Not to deny the en soi of life, to suppose it, to distinguish it, is all that I can do. Before science, this life becomes a reality intellgible only within the phenomenon; beyond that, it is no longer anything but a hypothesis, a necessary one, it is true, but a hypothesis.

Any speculation on the vital principle considered in itself, and apart from the organisms in which it appears and is determined, therefore, is prohibited to me: it may lead only to confusion in science. Is life a principle apart, or the same thing as attraction, heat, and electricity? Do