De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/158

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/158/157 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/158/159

[original French]

Je commence à dessein p;ir cet exemple, dans lequel il ne nous est pas possible, à nous qui ne croyons pas à. Moïse et qui nous moquons de ses ordonnances, de découvrir le moindre caractère de moralité : voici pourquoi. Bien de plus indifférent à la Justice que de s'abstenir de chair ou de poisson, n'est-il pas vrai? Eh bien, demandent les sceptiques, sommes-nous sûrs que nos lois les plus essentielles, celles qui touchent de plus près à l'ordre et à la moralité publique, soient mieux fondées dans leur objet, que celle-là?

Exemples :

Les théologiens disputent entre eux de ce qui constitue le sacrement, ou, pour employer le langage profane, le lien du mariage : si c'est le consentement des époux, ou la formule prononcée par le fonctionnaire public, ou bien la consommation de l'acte conjugal, ou bien encore la réunion de toutes ces circonstances. Et les théologiens ne sont pas d'accord; pour mieux dire, ils sont d'accord que rien de tout cela ne fait le mariage, et ils ne savent pas encore aujourd'hui ce qui le fait.

Si c'est le consentement des conjoints et leur cohabitation, pourquoi tous les couples concubinaires ne sontils pas, ipso facto, déclarés par la loi unis en légitime mariage ?

Si c'est la formule sacramentelle, quelle est cette vertu mystérieuse, attachée à une phrase du Code ou du Bréviaire, et par laquelle, indépendamment de tout rapport subséquent, deux personnes de sexe différent sont unies, qui sans cela, et quoi qu'elles fissent, ne le seraient pas? Pourquoi encore des publications, des témoins et autres formalités, si la collation du sacrement, par le ministre qui a pouvoir de le donner, suffit? Quand j'achète une maison par devant notaire, je ne prends pas de témoins; je ne fais pas trompetter mon acquisition dix jours à l'avance. Que signifie cette surcharge?

Admettons les témoins, reste toujours à expliquer ce que peut être un mariage dont la cohabitation n'est pas l'élément essentiel. L'union légale de l'homme et de la femme serait-elle, comme le mariage de la religieuse avec le Christ, une épousaille spirituelle, dont la cohabitation physique est l'accessoire habituel, non obligé? Alors autre

[English translation]

translated text...

Notes

<references />