De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/159

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[original French]

chose est l'union des sexes, et autre chose le mariage. Qui empêche de marier les impubères, les eunuques, bien plus, les hommes entre eux et les femmes entre elles?

Que si c'est la réunion de toutes ces circonstances qui constitue le .mariage et qui donne à l'union de l'homme et de la femme sa moralité, on demande comment, dans un si grand nombre de cas, cette cérémonie solennelle est si peu efficace, si malheureuse? D'où viennent tant de scandales, d'adultères, de divorces? Tel, dans la liberté de ses amours, s'entoure de loyauté, de délicatesse et d'honneur ; tel autre, dans son mariage, est impur, gouverné par l'ambition et l'avarice. Qu'est-ce qu'un mariage qui vous a si mal marié, tandis qu'à côté se rencontrent des amants que le concubinage unit si bien? Evidemment, les gens qui se marient ne savent ce qu'ils font ; mais le législateur, le prêtre, le maire, le savent-ils mieux? A quoi bon, dès lors, l'intervention du magistrat? Quelle peut être l'utilité, au point de vue de la morale, de cette convention si universellement adoptée, le mariage? La morale, la Justice en amour, que n'ont pu définir et sauvegarder ces mots de prostitution, de concubinage, de mariage, correspondant à des situations plus ou moins honorables, mais en réalité à des arrangements tout à fait arbitraires, ne sera-t-elle pas mieux assurée, comme le prétendent les communistes, par une liberté sans limites que par toutes les formalités légales?

Sous l'ancienne loi, la polygamie, que dis-je, polygamie? la faculté d'avoir non seulement plusieurs épouses, mais plusieurs concubines en sus de l'épouse ou des épouses légitimes, cette faculté était reconnue, honorable, honorée ; celui qui en usait ne devenait pas adultère. Sous la loi nouvelle, au contraire, la monogamie est inviolable. Le landgrave de Hesse, pour avoir pris une seconde femme sans quitter la première ; Louis XIV, pour avoir eu successivement, à côté de sa femme, deux ou trois maîtresses, sont condamnés par la loi divine et humaine. Comment ce qui était permis jadis est-il devenu illégitime? Jésus, sommé de délier ce nœud, répond que la polygamie a été accordée aux anciens à cause de la dureté de leurs cœurs, c'est à dire, à cause de l'ardeur de leurs sens, projectissima ad libidinem gens, c'est le mot de Tacite, à cause

[English translation]

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Notes

<references />