De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/16

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[original French]

cristaux se forment-ils comme les plantes, et les plantes comme les quadrupèdes? Qu'est-ce que la vie universelle, que certains religionnaires proposent de mettre à la place du crucifix? L'ensemble des êtres organisés forme-t-il un organisme, et cet organisme en forme-t-il un autre avec les corps inorganiques ? La terre et le soleil sont-ils vivants ou morts? L'univers est-il un grand animal? Qu'est-ce qui fait que la vie entre dans un corps, ou, pour mieux dire, se compose un corps, et puis qu'elle l'abandonne?... De pareilles questions sont de l'ordre ultraexpérimental; elles excèdent la science, et, poussées à outrance, peuvent conduire à la superstition et à la folie.

VI. — Considérant ensuite les manifestations de la vie dans un animal donné, soit l'homme, par exemple, je puis, en distinguant parmi ces manifestations celles qui ont pour objet la vie de relation, sensation, intelligence, sentiment, les concevoir comme un système distinct, dont le substra- tum sera toujours emprunté à la vie, répandu dans l'univers, mais qui, par la forme qu'il aura reçue, ne sera plus le même que celui que je place dans le lion ou le cheval. A ce tout animique, que j'abstrais des organes qui sont censés le contenir et le servir, je donne le nom d'âme, anima, ψυχή ; puis, me renfermant dans l'observation de ses facultés, de ses attributs, de ses modes, tels qu'ils se manifestent dans les relations de l'homme avec ses semblables et avec l'univers, je puis faire de ces nouvelles recherches une science à part, que je nommerai psychologie. Et comme j'aurai dit l'âme de l'homme, la psychologie de l'humanité, je pourrai dire encore l'âme et la psychologie des animaux. Jusqu'ici la science est de bon aloi ; elle repose non sur des abstractions, mais sur des phénomènes.

Mais qu'est-ce que l'âme en elle-même? Est-elle simple ou composée? matérielle ou immatérielle? Est-elle sujette à mourir? A-t-elle un sexe? Qu'est-ce qu'une âme séparée de son corps, et que faut-il entendre par la discession des héroès, comme dit Rabelais? Où vont les âmes après la mort? Quelle est leur occupation? Reviennent-elles habiter d'autres corps? L'âme d'un homme peut-elle devenir âme de cheval, et vice versâ? Faut-il aussi distinguer, dans l'âme, le principe spirituel du principe physique, de la

[English translation]

crystals form like plants, and plants like quadrupeds? What is the universal life that some religionists propose to put in place of the crucifix? Does the ensemble of all organized beings form an organism, and does that organism form another along with inorganic bodies? Are the earth and sun living or dead? Is the universe a great animal? What makes life enter a body, or, more accurately, compose a body, and then abandon it? . . . Such questions are of the ultra-experimental order; they exceed science, and pursued to the end, can lead to superstition and madness.

VI. — Considering, then, the manifestations of life in a given animal, or human, for example, I can, distinguishing among these events those whose purpose in life relationship, sensation, intelligence, sense, as a system design separate, whose substratum, will always be borrowed to life, widespread in the universe, but which by the form it has received, will no longer be the same as that I place in the lion or horse. To this animic totality, within which I discern the organs supposed to contain and serve it, I give the name of soul, anima, ψυχή; then, confining myself to the observation of its abilities, its attributes, its modes, as they are manifested in the relationship of man with his fellow man and with the universe, I can make these new researches into a science, what I might call psychology. And as I have spoken of the soul of man, the psychology of humanity, I can speak of the soul and psychology of animals. Up to this point, the science is of good quality, not based on abstractions, but on phenomena.

But what is the soul itself? Is it simple or compound? Material or immaterial? Is it subject to death? Does it have a gender? What is a soul separated from his body, and what was meant by the departure of heroes, as Rabelais put it? Where do souls go after death? What is their occupation? Do they return to inhabit other bodies? Can a man's soul become the soul of a horse, and vice versa? Can one further distinguish, in the soul, the spiritual principle from the physical, in the