De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/162

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[original French]

moraliste. Ce sera, si l'on veut, un moyen d'utile prévoyance : je nie sa valeur quant à l'obligation qui peut en résulter pour la conscience.

Le progrès dans la société, en ne tenant pas compte des rétrogradations, dont il faut pourtant faire la part, est insensible; il ne se manifeste qu'à de longs intervalles : en attendant, quelle sera la règle des individus, dont la vie est si courte ? Supposant le taux moyen de l'intérêt de 12 p. c. vers la fin de la république romaine, il a fallu dix-huit siècles pour l'abaisser à 5 p. c. Depuis Charlemagne, que nous prendrons pour j>oint de départ de la féodalité, il s'est écoulé près de onze siècles pour produire le système de gouvernement constitutionnel. Ainsi du reste. Entre temps, quelle était la règle des consciences? Eût-il suffi d'invoquer le progrès, quand même elles en auraient eu l'idée? Et nous qui avons l'air d'y croire, quel usage pouvons-nous en faire pour notre vertu? Savons-nous seulement de quel côté nous allons? Et si nous ne le savons pas, comment pouvons-nous nous flatter de posséder un criterium? Où est le bien, où est le mal, à cette heure, en France et par toute l'Europe? Je défie qui que ce soit, philosophe ou prophète, s'il ne possède d'autres lumières que celles qui ont cours, de le dire.

XV.—Pour démontrer l'existence en nous d'une faculté juridique, nons nous somme adressés à Descartes, l'un des pères de la Kévolution. Pour trouver le principe de détermination de cette faculté, nous nous adresserons â la Révolution elle-même.

Les premières déclarations (27 juillet-31 août 1789, 3 septembre 1791, 15-16 février et 24 juin 1793) n'avaient fait mention que des Droits de l'homme et du citoyen ; elles sous-entendaient plutôt qu'elles n'exprimaient les Devoirs.

Vint ensuite la déclaration de l'an III (22 août 1795), qui, au chapitre des Droits, toujours énoncé en premier lieu, ajouta, comme complément, celui des Devoirs.

Il y a d'abord, dans le simple fait de cette addition, un enseignement qu'il importe de recueillir : c'est que, d'après la Révolution, la conscience n'a originellement qu'une loi, à savoir le respect d'elle-même, sa dignité, sa Justice, Jus;

[English translation]

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Notes

<references />