De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/168

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/168/167 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/168/169

[original French]

Ceci nous explique comment la distinction des viandes a pu devenir, chez certaines nations, un précepte de Justice. Quel qu'ait été le motif du législateur, motif qu'il est parfaitement inutile aujourd'hui de chercher, du moment que l'interdiction, proposée et acceptée de bonne foi, faisait partie d'une discipline de laquelle dépendaient l'ordre et la conservation de la société, l'observance était juste et la violation répréhensible.

C'est d'après ce principe que la déclaration de l'an III a pu dire :

5. Nul n'est bomme de bien s'il n'est franchement et religieusement observateur des lois.

6. Celui qui viole ouvertement les lois se déclare en état de guerre avec la société.

7. Celui qui, sans enfreindre ouvertement les lois, les élude par ruse ou par adresse, blesse les intérêts de tous : il se rend indigne de leur bienveillance et de leur estime.

XVII. — Le principe de la certitude et de l'inaltérabilité de la Justice, ou de la raison des personnes, alors même que dans la pratique la loi est sujette à varier par suite de l'intelligence plus ou moins grande que nous avons de la raison des choses, ce principe, dis-je, peut servir à dissiper encore quelques nuages, que la confusion du point de vue objectif avec le subjectif a fait naître, et qui font le plus grand tort à la morale.

Tous les casuistes distinguent les choses de précepte d'avec les choses de conseil.

Par exemple, il est de précepte de s'abstenir du bien d'autrui en toute circonstance ; il est seulement de conseil d'assister le prochain dans son indigence, de s'exposer au danger pour le sauver des mains d'un assassin ou de la dent d'une bête féroce.

Cette différence provient de ce que le précepte est fondé sur le droit, qui est absolu, tandis que le conseil est basé sur la charité, qui relève de la munificence gracieuse. Ceci revient à dire que, si nous devons, dans nos relations commutatives, faire à autrui comme nous avons droit d'exiger qu'il nous fasse, l'obligation n'existe plus s'il s'agit d'un accident de force majeure, pour lequel nous ne sommes pas engagés envers lui. Chacun chez soi, chacun pour soi.

[English translation]

translated text...

Notes

<references />