De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/272

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[original French]

sactions successivement produites ou révoquées entre un nombre plus ou moins grand de personnes et relativement à un plus ou moins grand nombre d'objets, il est clair que ce mouvement, libre dans son principe, libre dans ses motifs, est indépendant des lois organiques ou fatalités de la nature. Il est ad libitum, entièrement facultatif, pouvant, au gré du libre arbitre, se précipiter, se ralentir, s'interrompre, rétrograder, renaître. Là où une nécessité se laisse apercevoir dans le mouvement social, on peut dire, à priori, qu'elle est étrangère au progrès.

Cette conception générale de la marche de la Justice nous permettra de rendre compte de la multitude des accidents, tergiversations, retards et décadences dont l'histoire de l'humanité abonde, et sur lesquels les théoriciens ordinaires du progrès ferment bravement les yeux, à l'exemple de Hégel, qui ne regardait que L'ensemble et négligeait le détail, un détail qui affecte des milliers de générations, et des milliers de milliards d'hommes!

XIII. — Le problème ainsi précisé, la solution ne se fera pas attendre. On prévoit, en effet, qu'il en est des oscillations de la Justice comme du gnomon d'Ezéchias: rien de plus aisé à concevoir que son avance; la difficulté réelle, l'unique difficulté, porte sur le recul.

Montrons d'abord en quoi consiste cette avance ; nous chercherons ensuite quelle cause l'arrête ; cette cause trouvée, il ne nous sera pas difficile de découvrir le remède.

Qu'est-ce que la Justice? le pacte de la liberté.

Deux hommes se rencontrent, opposés d'intérêt. Le débat s'engage; puis il transigent : première conquête du droit, premier établissement de la Justice. Un troisième arrive, puis un autre, et ainsi de suite indéfiniment : le pacte qui liait les deux premiers s'étend aux nouveaux venus; autant de contractants, autant de sujets de la Justice. Il y a donc progrès, progrès dans la Justice, bien entendu , par conséquent progrès dans la liberté : nous aurons à rechercher plus tard si ce progrès dans la Justice et la liberté emporte ou non avec lui le progrès dans la totalité de l'être humain.

Ce n'est pas tout. A chaque objet qui intéresse la vie de ces hommes surgit un nouveau litige ; de nouvelles tran-

[English translation]

sactions successivement produites ou révoquées entre un nombre plus ou moins grand de personnes et relativement à un plus ou moins grand nombre d'objets, il est clair que ce mouvement, libre dans son principe, libre dans ses motifs, est indépendant des lois organiques ou fatalités de la nature. Il est ad libitum, entièrement facultatif, pouvant, au gré du libre arbitre, se précipiter, se ralentir, s'interrompre, rétrograder, renaître. Là où une nécessité se laisse apercevoir dans le mouvement social, on peut dire, à priori, qu'elle est étrangère au progrès.

Cette conception générale de la marche de la Justice nous permettra de rendre compte de la multitude des accidents, tergiversations, retards et décadences dont l'histoire de l'humanité abonde, et sur lesquels les théoriciens ordinaires du progrès ferment bravement les yeux, à l'exemple de Hégel, qui ne regardait que L'ensemble et négligeait le détail, un détail qui affecte des milliers de générations, et des milliers de milliards d'hommes!

XIII. — Le problème ainsi précisé, la solution ne se fera pas attendre. On prévoit, en effet, qu'il en est des oscillations de la Justice comme du gnomon d'Ezéchias: rien de plus aisé à concevoir que son avance; la difficulté réelle, l'unique difficulté, porte sur le recul.

Montrons d'abord en quoi consiste cette avance ; nous chercherons ensuite quelle cause l'arrête ; cette cause trouvée, il ne nous sera pas difficile de découvrir le remède.

Qu'est-ce que la Justice? le pacte de la liberté.

Deux hommes se rencontrent, opposés d'intérêt. Le débat s'engage; puis il transigent : première conquête du droit, premier établissement de la Justice. Un troisième arrive, puis un autre, et ainsi de suite indéfiniment : le pacte qui liait les deux premiers s'étend aux nouveaux venus; autant de contractants, autant de sujets de la Justice. Il y a donc progrès, progrès dans la Justice, bien entendu , par conséquent progrès dans la liberté : nous aurons à rechercher plus tard si ce progrès dans la Justice et la liberté emporte ou non avec lui le progrès dans la totalité de l'être humain.

Ce n'est pas tout. A chaque objet qui intéresse la vie de ces hommes surgit un nouveau litige ; de nouvelles tran-