De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/59

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[original French]

bien remarquables : 1° que les espèces sont, actuellement, inconvertibles; 2° que dans leurs générations elles n'admettent pas de promiscuité ; 3° que dans chaque fécondation les germes sont innombrables. Je conclus donc que, dès le commencement comme plus tard, la nature, tout en distinguant les genres et les espèces, a semé par toute la terre les germes en abondance, et que l'homme, comme la plante, et sauf les variétés de tempérament qu'impose le climat, est de tous les pays.

J'ajoute qu'il en a été du langage comme des trois règnes ; et tout en reconnaissant la précocité de certaines races et la supériorité de quelques autres, tout en admettant que la puissance d'expansion de ces races précoces ou supérieures les ait portées de bonne heure à essaimer de çà et là chez de moins avancées, je regarde comme une fable de la prétendue migration des peuples des sommets de l'Himalaya aux plaines de Sennaar, de celle-ci aux îles de la Grèce, etc. La ressemblance des langues caucasiques n'a pas besoin, pour s'expliquer, de cette descendance imaginaire ; pas plus que les religions de la Polynésie n'ont besoin, pour rendre raison de leur origine, d'une mission des bouddhistes ou des mages. La philologie moderne (voir entre autres les ouvrages de M. l'abbé Chavée) a reconnu la diversité de formation des systèmes sémitique et indo-germanique, et cela nonobstant les analogies et les oppositions, qui spnt encore des analogies, que présentent ces deux grands systèmes. Pourquoi ne pas faire un pas de plus? pourquoi ne pas attribuer la ressemblance plus accusée du grec, du latin, du slave, du germain et du celte, d'abord à la constitution de l'esprit humain, puis à la conformité des climats et à celle des tempéraments qui en résultent; pourquoi ne pas dire, enfin, chose si simple, que le langage de l'homme, de même que sa figure, serait, nonobstant la diversité d'origine, identique et invariable sur toute la face du globe, si les conditions de sol, de race, de température, d'alimentation, d'industrie, etc., étaient constantes et identiques?

Me pardonnera-t-on, à cette heure, de n'avoir pas été toujours fidèle à la méthode d'observation, et, quand il fallait suivre exclusivement le phénomène, d'avoir, par précipitation de jeunesse et d'esprit, à l'exemple de tant

[English translation]

quite remarkable: 1st, that the species are currently immutable; 2nd, that in their generations they do not tolerate promiscuity; 3rd, that the seeds participating in each fertilization are countless. I therefore conclude that from the beginning as later, nature, while distinguishing the genera and species, has sown seeds in abundance across the earth, and that man, like the plant, except for variations in temperament imposed by climate, is from all lands.

I would add that it was the same with language as with the three kingdoms, and that while recognizing the precocity of some races and the superiority of others, while admitting that the power of expansion of these precocious or superior races has brought them to swarm rapidly to and fro among the less advanced, I regard as a fable the alleged migration of peoples from the Himalayan peaks to the plains of Shinar,<ref>Shinar: in the Hebrew Scriptures, another name for Mesopotamia (e.g., in Genesis 10:10). Proudhon refers to then-current historical speculations based on Biblical mythology.</ref> from the latter to the islands of Greece, etc.. The similarity of the Caucasian languages need not be explained by this imaginary genealogy, no more than the religions of Polynesia need have originated in visits by Buddhist missionaries or Magi. Modern philology (see, among others, the works of the Abbé Chavée) has recognized the diversity of formation of the Semitic and Indo-Germanic systems, and this notwithstanding the analogies and oppositions, which are once again analogies, presented by these two great systems. Why not take a step further? Why not attribute the even more pronounced resemblances of Greek, Latin, Slavic, Germanic, and Celtic, first to the constitution of the human mind, then to a conformity to climates and the temperaments the resulting from them; why not say, finally, something so simple: that notwithstanding the diversity of origins, man's language, like his figure, would be identical and unchanging over the entire face of the earth if the conditions of the soil, race, temperature, nourishment, industry, etc., were constant and identical?

Will one forgive me, at this time, for not having always been faithful to the method of observation and for having at one time, when I should have attended strictly to the phenomenon, by sheer impatience of youth and spirit, and after the example of so many

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