De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/66

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[original French]

savoir, qui firent tant pour l'interprétation des Écritures , n'imaginèrent point que leur foi dût servir de flambeau à leur érudition, ni que leur érudition dût sanctionner leur foi. Et cependant, de combien de doutes n'ont-ils pas été assaillis ! Quelle difficulté leur a échappé ? Quelle contradiction n'ont-ils pas vue ou prévue ? Et que pourraient aujourd'hui leur apprendre de vraiment grave les modernes conciliateurs ?

La religion, se disaient ces âmes candides, est le fait capital de la société, le grand intérêt de l'homme; mais elle est d'une autre sphère que la science, elle se connaît, s'éprouve, par une autre faculté. Elle se propose, il est vrai, par la parole, mais elle pénètre par la grâce ; elle se démontre, non par des arguments humains, des étalages scientifiques, mais par la nécessité de sa mission, par l'appétence invincible que l'humanité a pour elle, et par sa permanence dans l'histoire.

Qu'après cela, les monuments qui nous ont conservé ce dépôt sacré soient hérissés de difficultés inextricables, c'est un fait dont notre infirmité raisonneuse peut s'affliger, mais qui ne touche point à l'essence de notre foi. L'Evangile n'est point un livre de physique, de chronologie, de politique, ou d'économie : c'est un livre de religion. Autre chose est la science, que l'homme acquiert chaque jour par sa communion avec la nature; autre chose la foi, qui lui vient du Verbe de Dieu. La niez-vous, cette foi? Niez-vous Dieu? A la bonne heure, dites-le hautement, et tâchez de vous faire suivre. Sinon, croyez en toute simplicité de cœur ce que veus enseigne la grande voix de la religion, c'est à dire le consentement universel et l'Eglise son organe. Surtout gardez-vous de ces conciliations qui pourraient bien n'être de votre part que des mensonges : Dieu ne vous demande pas de défendre sa cause par des sophismes et des jongleries.

Oh! s'il ne m'en eût coûté d'autre sacrifice! Si j'avais pu, comme le voulaient ces pieux et savants cénobites, faire abstraction de mon entendement, séparer complétement, bien loin de les unir, ma religion et ma raison, jamais ma croyance n'eût été ébranlée; au lieu que la Justice a fait de moi un antichrist, je serais demeuré le plus humble et le plus obscur des chrétiens.

[English translation]

knowledge, who have done so much for the interpretation of Scripture, did not at all imagine that their faith had to put their learning to the torch or that their learning had to pass sentence on their faith. And yet, how many doubts have not attacked them! What difficulties have they escaped? What contradiction have they not witnessed or foreseen? And could they now really seriously learn to be modern conciliators?

Religion, said these innocent souls, is the central fact of society, the great interest of man, but it is another sphere of science; it is known, it is experienced by another faculty. It forms propositions in words, it is true, but it penetrates through grace; it demonstrates not by human arguments, by scientific proofs, but by the necessity of its mission, by the force of humanity's insatiable craving for it, and by its permanence in history.

In light of all this, the fact that the monuments by which this sacred trust has been preserved are bristling with inextricable difficulties is a point on which our rhetorical weakness can chastise itself, but it does not touch the essence of our faith. The Gospel is not a book of physics, chronology, politics, or economics: it is a book of religion. Science, which man acquires by his daily communion with nature, is one thing; the faith that comes from the Word of God is something else. Do you deny this faith? Do you deny God? Very well, declare it aloud, and try to convince anyone to follow you. Otherwise, believe in singleness of heart that which you are taught by the great voice of religion, i.e., by universal consensus and the organ of the Church. Beware, in particular, of those reconciliations, which could be nothing, on your part, but lies: God does not ask you to defend his case through sophistry and juggling.

Oh, if it had cost me another sacrifice! If I could have, like these pious and learned monks, put my understanding to one side in order to completely separate, far from uniting them, my religion and my reason, then my belief would never have been shaken; rather than Justice having made me an Antichrist, I would have remained the most humble and obscure of Christians.

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