De la capacité politique des classes ouvrières/347

From The Libertarian Labyrinth
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De la capacité politique des classes ouvrières/347/346 De la capacité politique des classes ouvrières/347/348

[original French]

CONCLUSION

De ce livre, produit de si profondes études et d'une si puissante méditation, sur les matières les plus ardues de la science économique et politique, il se dégage, après une lecture attentive, quelques idées assez simples, qu'il convient, selon le désir de l'auteur, de relever ici sommairement.

Il ne suffit pas, pour qu'un peuple fasse sentir efficacement son action dans la politique, qu'il soit investi du suffrage universel, et qu'il exerce son droit de voter; il faut qu'il ait conscience de sa situation et de sa force, et qu'il vote en connaissance de cause.

L'émancipation des classes ouvrières ne commencera que le jour où elles auront une notion claire de leurs intérêts propres.

Selon Proudhon, las classes ouvrières n'ont fait leur véritable entrée sur la scène politique qu'aux dernières élections, avec le manifeste des Soixante. C'est alors seulement que, dans un langage à elles, elles ont essayé d'exprimer des idées à elles.

Mais elles n'ont pas su trouver la ligne politique qui devait les conduire à la manifestation la plus efficace de ces idées.

Les classes ouvrières ont des intérêts distincts de la bourgeoisie. Elles doivent avoir une politique distincte de la politique bourgeoise.

Le suffrage universel n'est une vérité, une réalité, que s'il se prête à la manifestation régulière de cette diversité d'intérêts de la politique.

La légalité politique, c'est cela, précisément cela; ce n'est pas autre chose. Elle ne peut consister que dans cette

[English translation]

CONCLUSION

From this book, the product of such profound study and such powerful meditation on the most arduous matters of economic and political science, an attentive reading, emerge a few simple ideas that one ought to summarily highlight here, according to the desire of the author.

For a people to make its action felt efficaciously in politics, it is not enough that it should be invested with universal suffrage and that it exercises its right to vote; it must have consciousness of its situation and its force, and it must vote with full awareness of the facts.

The emancipation of the working class will begin only the day when they have a clear notion of their own interests.

According to Proudhon, the working classes have only made their true entry in the political scene in the last elections, with the manifesto of the Sixty. It is only then that, in a language of their own, they have attempted to express their own ideas.

But they have not been able to find the political line which could conduct them to the most efficacious manifestation manifestation of these ideas.

The working classes have interests distinct from the bourgeoisie. They must have a politics distinct from the bourgeois politics.

Universal suffrage is a verity, a reality, only if takes on a regular manifestation from that diversity of political interests.

Political legality is that, exactly that; it is nothing else. It can consist only in that