De la capacité politique des classes ouvrières/v

From The Libertarian Labyrinth
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De la capacité politique des classes ouvrières/v/iv De la capacité politique des classes ouvrières/v/vi

[original French]

-cratie comme du vieux libéralisme, auquel on s'efforce de l'accoupler : le monde commence à se retirer de tous deux. La vérité, se dit-il, le droit et la liberté, ne sont pas plus de ce côté que de l'autre.

Il s'agit donc de révéler au monde, sur des témoignages authentiques, la pensée, la vraie pensée du peuple moderne ; de légitimer ses aspirations reformatrices et son droit à la souveraineté. Le suffrage universel est-il une vérité ou une fiction ? De nouveau il a été question de le restreindre, et il est certain qu'en dehors des catégories travailleuses, très- peu le prennent au sérieux.

Il s'agit de montrer à la Démocratie ouvrière, qui, faute d'une suffisante conscience d'elle-même et de son Idée, a porté l'appoint de ses suffrages sur des noms qui ne la représentent pas, a quelles conditions un parti entre dans la vie politique; comment, dans une nation, la classe supérieure ayant perdu le sens et la direction du mouvement, c'est à l'inférieure de s'en emparer, et comment un peuple incapable de se régénérer par cette succession régulière est condamné à périr. Il s'agit, le dirai-je? de faire comprendre à la plèbe française que si, en 1869, elle s'avise de gagner pour le compte de ses patrons encore une bataille comme celle qu'elle leur a gagnée en 1863-64, son émancipation peut être ajournée d'un demi-siècle.

Car, et vous n'en doutez pas, amis, cette protestation par bulletin blanc, si peu comprise, si mal accueillie, mais dont le public s'inquiète toujours, et que le monde politique se met de toutes parts à pratiquer; cette déclaration d'absolue incompatibilité entre un système suranné et nos aspirations les plus chères ; ce stoïque veto, enfin, lancé par nous contre de présomptueuses candidatures, n'était rien de moins que l'annonce d'un nouvel ordre de choses, la prise de possession de nous-mêmes comme parti du droit et de la liberté, l'acte solennel de notre entrée dans la vie politique, et, si j'ose le

[English translation]

-cracy as well as the old liberalism with which one is forced to mate it: the world begins to withdraw from both. The truth, it is said, right and freedom, are no more than the flip sides of one another.

Thus it is a question of revealing to the world, on authentic testimonies, the thought, the true thought of the modern people; to legitimate its aspirations to reform and its right to sovereignty. Is universal suffrage a truth or a fiction? It is once again a question of restraining it, and it is certain that beyond the working classes, very few take it seriously.

It is a matter of showing that workers' Democracy, which, for lack of sufficient awareness of itself and its idea, has given its votes to names that do not represent it, under what conditions a party enters politics and how, in a nation, the ruling class having lost the direction and control of the movement, it falls to the subordinate class to take it up, and how a people unable to regenerate itself by this regular succession is sentenced to death. It is, shall I say, a matter of making the French populace understand that if, in 1869, it dares to win on behalf of its bosses another battle like that which it won in 1863-64, its emancipation may be delayed by half a century.

For, and you do not doubt it, friends, that protest by blank ballots, so little understood, so poorly received, but which always worries the public, and which the political world sets out from all corners to practice; this declaration of absolute incompatability between a superannuated system and our dearest aspirations; that stoic veto, finally, hurled by us against the presumptuous candidacies, was nothing less than the annunciation of a new order of things, the act of taking possession of ourselves as the party of right and freedom, the solemn act of our entry into political life, and, if I dare