Du principe de l'art/68

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[original French]

res, à exprimer le type; il était plus concret, plus réaliste, et, sous ce rapport, plus vrai ; — l'homme des îles (la Grèce) cherchait mieux que le type : il voulait la beauté pure, parfaite, absolue; il était donc plus idéaliste, moins concret, et, sous ce rapport, moins vrai. L'artiste chrétien se soucie médiocrement de la beauté, en tant qu'elle n'appartient qu'à la forme extérieure, au corps; ce qu'il veut, c'est la beauté de l'âme, telle du moins que la comprenait le chrétien. Cet idéalisme est plus raffiné que le précédent : il y a progrès dans les trois périodes. Nous voici montés au dixième ciel : c'est ce qu'indiquent assez clairement ces immenses cathédrales avec leurs flèches aiguës, leurs colonnes effilées et leurs voûtes mystérieuses. Tout a été dit à cet égard, et je m'abstiens de plus longs développements.

La foi, l'esprit de componction et de charité, le détachement des vanités (beautés) terrestres; la méditation de l'éternité, la pratique des vertus théologales et ascétiques, plus faites pour édifier que pour charmer, voilà ce que l'art du moyen âge s'efforce d'exprimer dans ses ligures, peu curieux du reste de l'idéalité de la forme. On abandonne le nu, à l'exception toutefois de l'image du Crucifié, dans lequel la foi découvre d'ailleurs, non plus l'homme, mais l'agneau pascal, une hostie. Dès qu'on abandonne l'idéal de la figure pour ne suivre que celui de l'esprit, il est natu-

[English translation]

expressing the type; he was more concrete, more realistic, and, in this respect, truer; — the man of the islands (Greece) sought after more than the type: he wanted pure, perfect, absolute beauty; he was thus more idealistic, less concrete, and, in this respect, less true. The Christian artist is little concerned with beauty, since it pertains only to the external form, to the body; what he wants is the beauty of the soul, such at least that the Christian understood by it. This idealism is refined more than the precedent: there is progress during the three periods. Here we have gone to the tenth heaven: it is what is rather clearly indicated by these immense cathedrals with their acute arrows, their frayed columns and their mysterious vaults. All was known as in this respect, and I abstain from longer developments.

Faith, the spirit of compunction and charity, detachment from the terrestrial vanities (beauties); meditation on eternity, the practice of theological and ascetic virtues, made more to edify than to charm: this is what the art of the Middle Ages endeavors to express in its figures, not very curious beyond that as to the ideality of the form. The nude is abandoned, except for the image of the Crucified, in which the faith discovers, no longer the man, but the paschal lamb, a host. As soon as the ideal of the figure is abandoned in order to follow that of the spirit alone, it is natural