Mélanges/Tome I/43

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[original French]

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE – 1848

(Nos 60, 61 et 65. — 31 mai, 1er et 5 juin.)

PROGRAMME RÉVOLUTIONNAIRE AUX ÉLECTEURS DE LA SEINE

Citoyens,

Puisque mes amis politiques et socialistes le veulent, je consens de nouveau à tenter la fortune des élections, et je vous adresse ma profession de foi. Elle résumera sans équivoque, et d'une façon intelligible à tous, mes idées sur la Révolution ; mes espérances pour l'avenir. Vous ne me nommerez pas, citoyens : ni vous, dont je sollicite en ce moment le suffrage, n'avez encore eu le temps de me connaître ; ni le gouvernement, qui peut-être aurait dû appuyer ma candidature, n'a le loisir de me comprendre. Mais, électeurs de Paris, vous n'en êtes pas moins le premier jury de la terre; et ce que votre prudence n'accordera pas à une première vue, je ne désespère pas, à un second examen, de l'obtenir de votre sagesse. La révolution de février a mis en question toute la société. Dans un moment aussi solennel, toute profession de foi, pour être sincère, doit être complète; il ne suffit même pas qu'elle soit compléte, il faut qu'elle soit motivée. Vous excuserez donc, citoyens, la longueur de ces explications. Je ne suis pas de ceux pour qui une profession n'est qu'un acte diplomatique, où, avec des formules générales, on paraît promettre beaucoup, tandis qu'en réalité l'on ne promet rien du tout. Le système social, qu'il s'agit de réformer et de refondre, embrasse trois ordres d'idées : La famille, L'économie publique, La forme du gouvernement. Je vais, sur chacun de ces points, vous dire ce que je pense.

I. — LA FAMILLE

J'écrivais, il y a deux ans, parlant des rapports de la famille et de la propriété :

[English translation]

REPRESENTATIVE OF THE PEOPLE - 1848

(60, 61 and 65. - May 31, 1 and 5 June.)

REVOLUTIONARY PROGRAM: TO THE VOTERS OF THE SEINE REGION

Citizens,

Since my political and socialists friends wish it, I agree to try my fortune in the elections once again, and I address my profession of faith to you. It will summarize my thoughts on the Revolution, my hopes for the future, unequivocally and in a manner intelligible to all. You have not named me, citizens: neither have you, whose votes I solicit at this moment, had time to get to know me; nor has the government, which perhaps should have supported my candidacy, had the opportunity to understand me. However, Paris voters, you are no less the first jury of the earth, and what your prudence will not accord at first sight, I do not despair, a second review shall obtain from your wisdom. The February revolution has placed the entire society in question. In a solemn moment, any profession of faith, to be sincere, must be complete; it is not even enough that it is complete, it must be substantiated. So forgive you, citizens, the length of such explanations. I am not one of those for whom a profession is a diplomatic act, which, with general formulas, it seems to promise much, while in reality it promises nothing at all. The social system that we are concerned with reforming and refounding embraces three orders of ideas: The family, The economy, The form of government. I will tell you what I think on each of these points.

I. - FAMILY

I wrote two years ago, speaking of the relations of the family and property: