Mélanges/Tome I/46

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[original French]

soirement, la propriété, le droit de disposer librement de ses revenus, des fruits de son travail et de son industrie.

Voilà tout mon système : liberté de conscience, liberté de la presse, liberté du travail, liberté du commerce, liberté de l'enseignement, libre concurrence, libre disposition des fruits de son travail et de son industrie, liberté à l'infini, liberté absolue, la liberté partout et toujours!

C'est le système de 89 et 93; le système de Quesnay, de Turgot, de J.-B. Say; le système que professent tous les jours, avec plus ou moins d'intelligence et de bonne foi, les divers organes de nos partis politiques, le système des Débats, de la Presse, du Constitutionnel, du Siècle, du National, de la Réforme, de la Gazelle; c'est votre système à vous, enfin, électeurs.

Simple comme l'unité, vaste comme l'infini, ce système se sert à lui-même et aux autres de critérium. D'un mot il se fait comprendre, et il force les adhésions; personne ne veut d'un système où la liberté souffrirait la moindre atteinte. D'un mot il se fait reconnaître et éloigne toute erreur : quoi de plus aisé que de dire ce qui est ou n'est pas de la liberté?.. .

La liberté donc, rien de plus, rien de moins. Le laissez faire, laissez passer, dans l'acception la plus littérale et la plus large ; cpnséquemment la propriété, en tant qu'elle découle légitimement de cette liberté, voilà mon principe. Pas d'autre solidarité entre les citoyens que celle des accidents résultant de force majeure : pour tout ce qui regarde les actes libres, les manifestations de la pensée réfléchie, insolidarité complète, absolue.

Ce n'est pas là du communisme, certes;

Ce n'est pas le gouvernement de Méhémet-Ali ;

Ce n'est pas de la dictature ;

Ce n'est pas l'intervention de l'État dans toutes les fonctions civiles, et jusque dans la famille;

Ce n'est ni du Babeuf, ni du Saint-Simon, ni du Fourier.

C'est la foi de Franklin, de Washington, de La Fayette, de Mirabeau, de Manuel, de Casimir Périer, d'Odilon Barrot, de Thiers. Cela vous paraît-il rassurant ou compromettant?

Mais, direz-vous, à ce point de vue, comment résoudre le problème posé par la révolution de février ?

Cela revient à dire : Qu'est-ce qui, dans l'ordre des faits économiques, gêne encore l'exercice de la liberté, de la liberté individuelle, comme de la liberté générale?

Ma réponse sera franche et catégorique. Je dirai quelles sont les entraves dont il s'agit, selon moi, de débarrasser la

[English translation]

sionally define property as the right to freely dispose of one's own revenue, the fruits of one's own labor and industry.

This is my entire system: freedom of conscience, freedom of the press, freedom to work, freedom of commerce, freedom of education, freedom of competition, free provision of the fruits of one's labor and industry, infinite freedom, freedom absolute, freedom always and everywhere!

This is the system of ’89 and ’93; the system of Quesnay, of Turgot, of J.-B. Say; the system that is professed daily, with varying degrees of intelligence and good faith, by the various organs of our political parties, the system of the Débats, of the Press, of the Constitutionnel, of the Siècle, of the National, of the Réforme, of the Gazette; it is, finally, your own system, voters.

Simple as unity, vast as infinity, this system uses to himself and others to criterium. In a word it is understood, and it forces the membership, nobody wants a system where freedom suffer any harm. From a word he is away and recognize any error: what's easier to say what is or is not freedom? .. .

Freedom, therefore, nothing more, nothing less. The laissez-faire, laissez passer, in its most literal and widest sense; consequently property, as it derives legitimately this freedom, this is my principle. No further solidarity between citizens that accidents resulting from force majeure for all that look at the free acts, manifestations of reflective thought, complete, absolute insolidarity.

This is not communism, certainly;

This is not the government of Mehmet-Ali;

This is not a dictatorship;

This is not state intervention in all civil functions and even in the family;

This has nothing to do with Babeuf or Saint-Simon, nor with Fourier.

This is the faith of Franklin, Washington, La Fayette, Mirabeau, Manuel, Casimir Perier, Odilon Barrot, Thiers. Does this seem reassuring or compromising to you?

But, you say, from this point of view, how to solve the problem posed by the revolution of February? That is to say: What, in the economic order, that still restricts the exercise of freedom, individual as well as general?

My answer will be frank and categorical. I shall tell you what are the barriers of which it is a matter, I believe, of ridding