Mélanges/Tome I/48

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[original French]

Les produits s'échangent contre les produits, dit la science économique. C'est-à-dire que l'échange doit être libre, direct, immédiat, égal.

Les produits s'échangent contre de l'argent, dit la routine. C'est-à-dire que l'argent n'est qu'un intermédiaire, un instrument d'agiotage, une entrave à la liberté des échanges. De plus, comme l'argent ne fonctionne pas pour rien, la circulation, dans ce système, est sujette à une déperdition continuelle de valeurs, ce qui entretient tout à la fois la consomption et la pléthore dans les diverses parties du corps social.

L'argent est donc un obstacle à la circulation, une entrave à la liberté du commerce et de l'industrie, et par lui-même, comme organe superflu, comme fonction parasite, et par ce qu'il coûte, comme cause de déperdition.

Se passer de numéraire, supprimer l'intérêt du capital circulant, telle est donc la première entrave à la liberté que je propose de détruire par la constitution d'une Banque d'Echange.

J'ai exposé ailleurs, fort au long, les principes et la théorie de cette Banque, dont la formule ou l'idée-mére est la généralisation de la lettre de change. J'ai dit quel serait, dans le nouveau système de crédit, l'agent de circulation, quel en serait le mode, le gage et la garantie. J'ai prouvé que l'économie qui en résulterait pour le pays, rien que sur les escomptes, serait d'au moins 400 millions. Je ne reviendrai pas sur ce projet, sur lequel je ne demande pas mieux que de voir s'exercer toutes les sévérités de la critique.

Mais la Banque d'Échange ne peut exister que par la volonté de tous les citoyens, comme elle emprunte sa puissance de leur libre adhésion. Or, cette libre adhésion de tous les producteurs et consommateurs, ce consentement mutuel de 35 millions de citoyens, qu'aucune propagande ne parviendrait peut-être en vingt ans à déterminer, il dépend du gouvernement de l'obtenir en une semaine; il dépend, dis-je, du gouvernement de terminer en une semaine la Révolution.

Que le gouvernement rende, au nom du peuple, les décrets suivants :

1er DÉCRET. — Réforme banquière.

« Attendu que l'échange direct, sans numéraire, sans intérêts, est do droit naturel et d'utilité publique;

« 1. La Banque de France joint à ses attributions celles de Banque d'Échange.

« 2. La commission d'escompte, pour tous négociants, entrepre-

[English translation]

Products exchange for products, says economic science. That is to say, exchange must be free, direct, immediate, equal.

Products exchange for money, says routine. That is to say, money is nothing but an intermediary, an instrument of agiotage, a hindrance to the freedom of exchange. Moreover, as money no longer functions for anything, circulation, in this system, is subject to a continual loss of value, producing simultaneous starvation and plenty in the different parts of the body politic.

Money is thus an obstacle to circulation, an obstacle to the freedom of commerce and industry; in itself, a superfluous organ and a parasitic function; and in what it costs, a cause of loss. To do without cash, to abolish the interest on circulating capital: such is the first obstacle to freedom that I propose to destroy by the establishment of a Bank of Exchange.

I have explained elsewhere, at great length, the principles and theory of the Bank, whose formula or mother-idea is the generalization of the bill of exchange. I have said what would be the agency, the mode, the pledge, and the guarantee of circulation in the new credit system. I have proven that the savings that would result for the country, on the discounts alone, would be at least 400 million. I will not dwell on this project, for which I have asked nothing more than to have it subjected to the most rigorous critique.

But the Bank of Exchange can only exist by the will of all citizens, as it relies for its power on their voluntary membership. However, this voluntary membership of all producers and consumers, the mutual consent of 35 million citizens, which propaganda might not achieve in twenty years, it remains only for the government to obtain in a week; it remains, I say, for the government to complete the Revolution in a week.

May the government render, on behalf of the people, the following decrees:

1st DECREE. - Banking reform.

“Considering that direct exchange without cash, without interest, is a matter of natural law and public utility;

“1. The Bank of France adds its responsibilities to those of the Bank of Exchange.

“2. The commission of discount, for all traders, entrepre-