Mélanges/Tome I/50

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[original French]

Or, l'État trouvant à la Banque d'Échange, sur ses titres d'emprunt, des valeurs qui ne lui coûteraient rien d'intérêt, il est de son devoir d'aviser au remboursement de la dette publique, ou tout au moins à la conversion des rentes, dont le montant dépassera bientôt 400 millions. D'un autre côté, il ne serait pas juste que, tandis que les capitalistes, qui avaient leurs capitaux engagés dans le commerce, en perdent le revenu, ou du moins sont forcés, par la concurrence de la Banque d'Échange, d'abaisser le taux de l'intérêt à 1 pour 100 et même au-dessous, les prêteurs de l'État, par un privilége sans motifs, continuassent de recevoir 3, 4, 4 1/2 et 5 pour 100.

Il y a donc ici pour l'État nécessité d'économie et nécessité de justice de mettre les rentes sur l'État d'accord avec le taux des escomptes, en attendant le remboursement définitif. Je voudrais, en conséquence, que le gouvernement rendît encore le décret suivant, qui n'est qu'un corollaire du premier :

« Attendu que, par l'organisation de l'échange direct des produits sans l'intermédiaire de l'argent et sans intérêt, l'État, comme tout citoyen, a la faculté de se procurer des fonds, a 1 pour cent de commission, au maximum ;

« Considérant qu'il est juste de donner aux contribuables, dont les capitaux, jusqu'à présent engagés dans les opérations commerciales et industrielles, se trouvent désormais hors de service, une compensation légitime;

« Attendu que la loi doit être égale pour tous :

« Les rentes servies par l'État aux divers taux de 3, 4, 4 1/2 et 5 seront converties en rentes 1 pour cent, taux de la Banque d'Échange, jusqu'à remboursement définitif.

« L'exécution du présent décret est confiée au ministre des finances. »

Je vous le demande de nouveau, électeurs, est-ce là de la banqueroute? est-ce de l'expropriation, de la communauté, du phalanstère? Êtes-vous bien sûrs que le gouvernement actuel, en s'obstinant dans la vieille ornière, au lieu de rembourser la dette ou tout au moins de réduire la rente, comme il en a la faculté et comme je le propose, n'arrivera pas à une banqueroute dans laquelle tout périra à la fois, le commerce, le capital, le travail et l'État?

Les rentiers, les déposants à la caisse d'épargne, les communes, les porteurs de bons du Trésor, au lieu d'un intérêt à 5 pour 100, n'auront plus qu'un intérêt de 1 pour 100!... Qui en doute? et quel mal y a-t-il à cela? Sommes-nous

[English translation]

Now, since the State finds, in the Exchange Bank, in its debt securities, values that would cost it nothing in interest, it is obliged to seek repayment of public debt, or at least the conversion of annuities [rentes], the amount of which will soon exceed 400 million. On the other hand, it is not fair that while the capitalists who had committed their capital in trade, lose income, or at least are forced by competition from the Bank of Exchange, on the lower interest rates to 1 to 100 and even below, the lenders of the state, a groundless privilege, continued to receive 3, 4, 4½ and 5 per 100.

There is therefore need for the state of economy and justice need to put pensions on the state agree with the discount rate, pending the final repayment.

I would, therefore, that the government is still following the decree, which is a corollary of the first:

"Whereas, the organization of the direct exchange of goods without the intermediary of money, interest free, the State, like any citizen, has the right to obtain funds, a 1 percent commission at most;

"Considering it is fair to taxpayers, including the capital, so far engaged in the trade and industry, are now out of service, compensation legitimate;

"Whereas the law must be equal for all:

"The rents paid by the State for various rates of 3, 4, 4½ and 5 will be converted into 1 per cent annuities, the rate of the Bank of Exchange, until final repayment.

"The implementation of this decree is entrusted to the Minister of Finance."

I ask you again, voters, is this bankruptcy? Is this expropriation, communism, a phalanstery? Are you sure that the current government, in persisting in the old rut, instead of paying down the debt or at least reduce the pension, as it has the right and as I propose, will not a bankruptcy in which all perish at once, trade, capital, labor and the state?

Rentiers, depositors in the savings bank, the municipalities, the holders of Treasury bonds, instead of receiving 5 per cent interest, will have no more than a value of 1 for 100! ... Who doubts? and what harm is there in that? Are we