Philosophie du Progrès/20

From The Libertarian Labyrinth
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[original French]

[nom]breuse et la plus pauvre, comme dit la formule de Saint-Simon. Mais du Progrès tout cela ne nous donne qu'une expression restreinte, une image, un symbole, que dis-je? un produit: philosophiquement, une pareille notion du Progrès est sans valeur.

Le progrès, encore une fois, c'est l'affirmation du mouvement universel, par conséquent la négation de toute forme et formule immuable, de toute doctrine d'éternité, d'inamovibilité, d'impeccabilité,etc., appliquée à quelque être que ce soit; de tout ordre permanent, sans excepter celui même de l'univers; de tout sujet ou objet, empirique ou transcendantal, qui ne change point.

L'Absolu, au contraire, ou l'absolutisme, est l'affirmation de tout ce que le Progrès nie, la négation de tout ce qu'il affirme. C'est la recherche, dans la nature, la société, la religion, la politique, la morale, etc., de l'éternel, de l'immuable, du parfait, du définitif, de l'inconvertible, de l'indivis; c'est pour me servir d'un mot devenu célèbre dans nos débats parlementaires, en tout et partout le statu quo (1).


(1) Pourquoi le gouvernement despotique est-il appelé aussi absolu? Ce n'est pas seulement parce que le prince ou despote met sa volonté au dessus de la volonté de la nation, son bon plaisir à la place de la loi. La personnalité et l'arbitraire dans le pouvoir ne sont qu'une conséquence de l'absolutisme. Le gouvernement est dit absolu , d'abord parce qu'il est de sa nature de concentrer, soit dans un homme, soit dans un comité ou une assemblée, une pluralité d'attributions dont l'essence est d'être séparées et sériées, d'après une déduction logique; en second lieu, parce que cette concentration une fois opérée, tout mouvement ou Progrès devient impossible daus l'État, et par suite dans la nation. Les rois ne se disent-ils pas les représentants de Dieu?... C'est qu'ils affectent, comme l'être réputé absolu, l'universalité, l'éternité et l'immutabilité. — Le peuple au contraire, division et mouvement, est l'incarnation du Progrès. C'est pour cela que la démocratie

[English translation]

and poorest class, as Saint-Simon's formula said. But all of that only gives us a restricted expression of Progress, an image, a symbol, (how shall I say it?) a product: philosophically, such a notion of Progress is without value.

Progress, once more, is the affirmation of universal movement, consequently the negation every immutable form and formula, of every doctrine of eternity, permanence, impeccability, etc., applied to any being whatever; of every permanent order, without excluding even that of the universe; of every subject or object, empirical or transcendental, which does not change.

The Absolute, or absolutism, is, on the contrary, the affirmation of all that Progress denies, the negation of all that it affirms. It is the study, in nature, society, religion, politics, morals, etc., of the eternal, the immutable, the perfect, the definitive, the unconvertible, the undivided; it is, to use a phrase made famous in our parliamentary debates, in all and everywhere, the status quo (1).


(1) Why is despotic government also called absolute? It is not only because the prince or despot puts his will above the will of the nation nation, his good pleasure in the place of the law. Personality and arbitrariness in power are only a consequence of absolutism. Government is called absolute, first because it is in its nature to concentrate, either in a single man, or in a committee or an assembly, a multiplicity of attributions, the essence of which is to be separated or seriated, according to a logical deduction; in the second place, because once that concentration is carried out, all movement or Progress becomes impossible in the State, and thus in the nation. Are the kings not called the representatives of God?... It is because they affect, like the reputed absolute being, universality, eternity and immutability. — The people, on the contrary, division and movement, are the incarnation of Progress. This is why democracy