Philosophie du Progrès/33

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Philosophie du Progrès/33/32 Philosophie du Progrès/33/34

[original French]

laquelle a vécu jusqu'à ce jour la philosophie, et dans laquelle notre génération a été élevée, est désormais convaincue de faux, qu'elle est d'autant plus fausse et pernicieuse, qu'elle admet aujourd'hui, dans son vieil arsenal, un nouvel instrument de guerre, le Progrès: d'où je conclus que notre logique doit au plus tôt être réformée par la construction de cette idée nouvelle, à peine d'infamie et de suicide.

IV

Si de la logique et de la dialectique nous passons à l'ontologie, nous rencontrons, après l'introduction de l'idée de Progrès, des impossibilités non moins nombreuses et non moins graves, qui soulèvent des observations analogues, et sollicitent même réforme.

Tout ce que nos traités de physique, chimie, histoire naturelle, contiennent d'idées générales sur les corps, de même que sur l'intelligence, est tiré des spéculations d'Aristote, Abeilard, Descartes, Leibniz, Kant, etc., ce qu'on nommait au moyen âge, universaux et catégories: Substance, cause, esprit, matière, corps, âme, etc. Une seule notion, la plus importante, n'a pas fourni son contingent, le Progrès.

Sans doute, on ne nous parle plus de qualités occultes, d'entités, de quiddités, d'horreur du vide, etc. Tout cela a disparu de l'ontologie: en sommes-nous plus avancés; n'est il pas vrai que tous nos savants, sans exception, de même que nos psychologues, sont encore, bon gré mal gré, dualistes, panthéistes, atomistes, vitalistes, matérialistes, mystiques même, partisans enfin de tous les systèmes, de tous les rêves qu'enfanta la vieille ontologie?...

Je ne puis m'empêcher de relever en passant l'illusion

[English translation]

on which philosophy has subsisted up to the present, and in which our generation has been raised, from now on [convaincue de faux], that it is all the more false and pernicious as it admits today, in its old arsenal, a new instrument of war, Progress: from which I conclude that our logic must as soon as possible be reformed by the construction of that new idea, under penalty of infamy and suicide.

IV

If from logic and the dialectic we pass to ontology, we meet, after the introduction of the idea of Progress, impossibilities no less numerous and no less grave, which arise from analogous observations, call for the same reform.

All that our treatises of physics, chemistry, and natural history contain of general ideas about the body, the same as on the intelligence, is pulled from the speculations of Aristotle, Abelard, Descartes, Leibniz, Kant, etc., what one called in the Middle Ages, universals and categories: Substance, cause, mind, matter, body, soul, etc. One single notion, the most important, has not furnished its contingent, Progress.

Doubtless, one no longer speaks to us of occult qualities, of entities, quiddities, of the horror of the void, etc. All of that has disappeared from ontology: are we more advanced? Is it not true that all our savants, without exception, the same as our psychologists, are still, willy-nilly, dualists, pantheists, atomists, vitalists, materialists, mystics even, partisans finally of all the systems, of all the dreams to which the old ontology gave birth?...

I cannot prevent myself from noting in passing the illusion