Philosophie du Progrès/34

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[original French]

spéculative qui, depuis tant de siècles, a fait débiter aux philosophes tant d'absurdités ontologiques.

La condition de toute existence, après le mouvement, est sans contredit l'unité; mais de quelle nature est cette unité? Si nous interrogeons la théorie du Progrès, elle nous répond que l'unité de tout être est essentiellement synthétique, que c'est une unité de composition (1). Ainsi l'idée de mouvement, idée primordiale pour toute intelligence, est synthétique, puisque, comme nous l'avons vu tout à l'heure, elle se resout analytiquement en deux termes, que nous avons représentés par cette figure, A → B. Pareillement, et à plus forte raison, toutes les idées, intuitions ou images que nous recevons des objets, sont synthétiques dans leur unité: ce sont des combinaisons de mouvements, variées et compliquées à l'infini, mais convergentes et unes dans leur collectivité.

Cette notion de l'un, à la fois empirique et intellectuelle, condition de toute réalité et existence, on l'a confondue avec celle du simple, laquelle résulte de la série ou expression algébrique du mouvement, et, de même que la cause et l'effet, le principe et le but, le commencement et la fin n'est qu'une conception de l'esprit, ne représente rien de réel et de vrai.

C'est de ce simplisme qu'on a déduit toute une prétendue science des êtres, l'ontologie.

La cause est simple, a-t-on dit; — par conséquent le sujet est simple, et l'esprit expression la plus haute de la cause et du moi, est simple également.

Mais, a fait observer Leibniz, si la cause est simple, le produit de cette cause doit être encore simple, voilà la

(1) Protagoras dit: II n'est rien que par relation à quelque chose. Le un n'est donc qu'une hypothèse; le moi n'est pas un être: c'est un fait, un phénomène, voilà tout.

[English translation]

which, for so many centuries, has made the philosophers reel off so many ontological absurdities.

The condition of all existence, after movement, is unquestionably unity; but what is the nature of that unity? If we should consult the theory of Progress, it responds to us that the unity of all being is essentially synthetic, that it is a unity of composition (1). Thus the idea of movement, primordial idea of all intelligence, is synthetic, since, as we have just seen, it resolves itself analytically into two terms, that we have represented by this figure, A → B. Similarly, and for greater reason, all the ideas, intuitions or images that we receive from objects, are synthetic in their unity: they are combinations of movements, varied and complicated to infinity, but convergent and single in their collectivity.

That notion of the one, at once empirical and intellectual, condition of all reality and existence, has been confused with that of the simple, which results from the series or algebraic expression of movement, and, like cause cause and effect, principle and aim, beginning and end, is only a conception of the mind, and represents nothing real and true.

It is from this simplism that all of the alleged science of being, ontology, has been deduced.

It has been said that the cause is simple; — consequently the subject is simple, and mind, the highest expression of the cause of the self, is equally simple.

But as Leibniz observed, if the cause is simple, the product of that cause must still be simple, there is

(1) Protagoras says: There is nothing except in relation to something else. The one is thus only a hypothesis; the moi is not a being: it is a fact, a phenomenon, and that is all.