Philosophie du Progrès/35

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[original French]

monade. Si le sujet est simple, l'objet qu'il crée en s'opposant à lui-même, ne peut pas ne pas être simple, donc la matière est simple aussi: voici l'atome.

Tirons la conséquence: la cause et l'effet, le moi et le non-moi, l'esprit et la matière, toutes ces simplicités spéculatives que l'analyse fait sortir de la notion une et synthétique du mouvement, sont de pures conceptions de l'entendement; il n'existe ni âmes ni corps, ni créateur ni créatures, et l'univers est une chimère. Si l'auteur de la monadologie avait été de bonne foi, c'est ainsi qu'il aurait conclu avec Pyrrhon, Barclay, Hume et les autres.

Aussi le système des monades, malgré tout le génie de son auteur, est-il demeuré sans partisans: c'était trop clair. Misère ou lâcheté de la raison humaine! On a conservé, comme articles de foi, la simplicité de la cause, la simplicité du moi, la simplicité de l'esprit: mais on a affirmé la composition des créatures et la divisibilité de la matière: c'est sur cet étrange compromis que repose l'ontologie des modernes, leur psychologie et leur théodicée!...

Avec l'idée de mouvement ou de progrès, tous ces systèmes, fondés sur les catégories de substance, causalité, sujet, objet, esprit, matière, etc., tombent, ou plutôt s'expliquent, pour ne reparaître jamais. La notion de l'être ne peut plus être cherchée dans un invisible quelconque, esprit, corps, atome, monade, ou tout ce qu'il vous plaira. Elle cesse d'être simpliste pour devenir synthétique: ce n'est plus la conception, la fiction d'un je ne sais quoi insécable, immodifiable, intransmutable, etc.: l'intelligence, qui se pose d'abord une synthèse avant de l'attaquer par l'analyse, n'admet à priori rien de pareil. Elle ne sait ce que sont, en elles-mêmes, la substance et la force; elle ne prend point' ses éléments pour des réalités, puisque, par la loi de constitution de l'esprit, la

[English translation]

monad. If the subject is simple, the object that it creates to oppose to itself, it cannot not be simple, thus the matter is simple as well: this is the atom.

Let us draw the consequent: cause and the effect, the moi and the non-moi, mind and matter, all these speculative simplicities that analysis derives from the single and synthetic notion of movement, are pure conceptions of the understanding; neither bodies nor souls exist, neither creator nor created, and the universe is a chimera. If the author of the monadology had been in good faith, he would have concluded thus, with Pyrrhon, Barclay, Hume and the others.

Thus the system of the monads, despite all the genius of its author, has remained without partisans: it was too clear. Poverty or cowardice of human reason! We have preserved, as articles of faith, the simplicity of cause, the simplicity of the self, the simplicity of mind: but we have affirmed the composition of creatures and the divisibility of matter: it is on this strange compromise that rests the ontology of the moderns, their psychology, and their theodicy!...

With the idea of movement or progress, all these systems, founded on the categories of substance, causality, subject, object, spirit, matter, etc., fall, ou plutôt s'expliquent, to never reappear again. The notion of being can no longer be sought in an invisible something, whether spirit, body, atom, monad, or what-have-you. They cease to be simplistic and become synthetic: it is no longer the conception, the fiction of an indivisible, unmodifiable, intransmutable (etc.) je ne sais quoi: intelligence, which first posits a synthesis, before attacking it by analysis, admits nothing of the sort à priori. It knows what substance and force are, in themselves; it does not take its elements for realities, since, by the law of constitution of the mind, the