Philosophie du Progrès/36

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[original French]

réalité disparaît, lorsqu'il cherche à la résoudre en ses éléments. Tout ce que sait et qu'affirme la raison, c'est que l'être, ainsi que l'idée, est un groupe.

De même que dans la logique l'idée de mouvement ou de progrès se traduit en cette autre, la série; de même, dans l'Qntologie, elle a pour synonyme le groupe. Tout ce qui existe est groupé ; tout ce qui forme groupe est un, par conséquent est perceptible, par conséquent est. Plus les éléments et les rapports qui concourent à la formation du groupe sont nombreux et variés, plus il s'y trouve de puissance centralisatrice ; plus aussi l'être obtient de réalité. Hors du groupe il n'y a que des abstractions et des fantômes. L'homme vivant est un groupe, comme la plante et le cristal, mais à un plus haut degré que ces derniers; d'autant plus vivant, plus sentant, et mieux pensant que ses organes, groupes secondaires, sont dans un accord plus parfait entre eux, et forment une combinaison plus vaste. Ce moi, cet un que j'appelle mon âme (1), je ne le


(1) On sait que la signification primitive des mots âme, esprit, est souffle, respiration. C'est d'après cette image matérielle qu'a été conçue la pneumatologie des anciens, qui plaçaient l'âme dans les poumons, et la refusaient très logiquement aux pierres et aux plantes, attendu qu'ils ne les voyaient pas souffler. Plus tard, la flamme est devenue à son tour terme de comparaison, et l'âme a été logée dans le sang. Le sang de l'animal, c'est son âme, dit la Bible. Descartes la mit dans la glande pinéale.

Il est étonnant que les découvertes de la physique moderne n'aient pas amené une révolution plus radicale dans la pneumatologie. Tous les corps rayonnant du calorique, de la lumière, de l'électricité; tous sont dans un état d'absorption et d'exsudation perpétuelle, tous pénétrés et enveloppés d'un fluide habituellement invisible, mais qui devient quelquefois apparent, comme dans la combustion, les décharges électriques, les aurores boréales, etc. C'est par ce fluide, qu'il ne tient qu'à nous de considérer comme l'âme du monde, que les corps se pressent, s'attirent, se repoussent, se combinent entre eux, passent à l'état

[English translation]

reality disappeared, while it seeks to resolve it into its elements. All that reason knows and affirms is that the being, as well as the idea, is a group.

Just as in logic the idea of movement or progress translates into that other, the series, so, din ontology, it has as a synonym the group. Everything that exists is grouped; everything that forms a group is one, consequently, is perceptible and, consequently, is. The more numerous and varied the elements and relations which combine in the formation of the group, the more centralizing power will be found there, and the more reality the being will obtain. Apart from the group there are only abstractions phantoms. The living man is a group, like the plant or the crystal, but of a higher degree than those others; as much more living, more feeling, and better thinking as its organs, secondary groups, are in a more perfect agreement with one another, and form a more extensive combination. I no longer consider that moi, what I call my soul (1),


(1) We know that the original meaning of the words soul and spirit is breath, respiration. It is according to this material image that the ancients conceived their pneumatology, which placed the soul in the lungs, and quite logically denied it to stones and plants, since they could not see them breathe. Later, in its turn, flame became the term of comparison, and the soul was lodged in the blood. The blood of an animal is its soul, says the Bible. Descartes put it in the pineal gland.

It is astonishing that the discoveries of modern physics have not led to a more radical revolution in pneumatology. All bodies radiating caloric, light and electricity, all are in a state of perpetual absorption and exudation, all are penetrated and enveloped by a fluid with it normally invisible, but which sometimes becomes apparent, as in combustion, electrical discharge, the aurora borealis, etc. It is by this fluid, that we like to consider the soul of the world, that bodies act on one another, attract, repulse and combine with one another, pass in to the solid, liquid or gaseous state.