Philosophie du Progrès/41

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[original French]

clament pas d'une révélation d'en haut, ne peuvent s'établir que sur des faits. Aussi est-ce à l'aide de faits, rien que de faits, non d'arguments, que je pense pouvoir démontrer cette existence supérieure, véritable incarnation de l'âme universelle... Mais, en attendant que les faits se produisent, il peut être utile d'en relever certaines conséquences qui déjà se sont produites, concernant les questions insolubles, dans l'état antérieur de la philosophie, qui agitent en ce moment la conscience des peuples.

Parlons donc de la religion, de cette foi respectable, sur laquelle l'incrédule ne sait encore exprimer que du mépris, le croyant former autre chose que des souhaits, et pour résumer d'un mot toute cette matière, abordons le problème de la Divinité. Ici encore je me trouve placé sur un terrain neuf, où l'idée de Progrès vient réformer tout ce qui a été écrit et enseigné par les doctes, au nom de l'Absolu.

VI

J'observe d'abord, chose que tout le monde sait aujourd'hui, qu'il en est de la question théologiqùe comme de la question politique ; qu'elle est essentiellement mobile et oscillante de sa nature, tantôt plus grande, tantôt plus petite, sans que, dans aucune de ses positions, elle puisse jamais fixer ni satisfaire l'esprit. En sorte que le philosophe lancé à la poursuite de l'être divin est continuellement entraîné d'une hypothèse à l'autre, du fétichisme au polythéisme, de celui-ci au monothéisme, du monothéisme au déisme, puis au panthéisme, puis à l'idéalisme, au nihilisme, pour recommencer ensuite par le matérialisme, le fétichisme, etc. C'est ainsi que chez l'homme qui cherche l'ordre social par voie d'autorité, la raison est

[English translation]

do not claim a revelation from on high, can establish themselves only on the facts. Also, it is with the aid of the facts, nothing but the facts, not arguments, that I think I can demonstrate that superior existence, true incarnation of the universal soul... But, while waiting for the facts to be produced, it can be useful to recall certain consequences which have already been produced, concerning the questions, insoluble in the previous state of philosophy, which agitate at this moment the consciousness of the peoples.

Let us speak then of religion, of that respectable faith, towards which the unbelieving still know only how to express contempt, the believer to form only wishes, and in order to summarize in a word all that matter, to tackle the problem of Divinity. Here again I find myself placed on new terrain, where the idea of Progress comes to reform all that which has been written and taught by the learned, in the name of the Absolute.

VI

I observe first, a thing which everyone knows today, that is it with the theological question as with the question of politics; that it is essentially mobile and oscillating by nature, sometimes larger, sometimes smaller, without, in any of its positions, ever being able to settle or satisfy the mind. As the philosopher launched in the pursuit of the divine being is continually led from one hypothesis to another, from fetishism to polytheism, from that to monotheism, from monotheism to deism, then to pantheism, then to idealism, to nihilism, in order to begin again with materialism, fetishism, etc. It is thus that for the man who seeks social order by way of authority, reason is