Philosophie du Progrès/42

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[original French]

traînée invinciblement de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle, de celle-ci à une république oligarchique ou censitaire, de l'oligarchie à la démocratie de la démocratie à l'anarchie, de l'anarchie à la dictature, pour recommencer par la monarchie absolue, et ainsi de suite, à perpétuité. Cette nécessité de transitions sans fin, qui avait été si nettement aperçue, pour la question politique, par Aristote, et qui a été constatée de nos jours, pour la question religieuse, parla philosophie allemande, est peut-être la seule conquête positive de la philosophie, forcée de reconnaître, par la bouche de ses plus grands écrivains, que même dans le cercle de ses catégories absolutistes, l'esprit est toujours en mouvement.

Cette course circulaire de l'esprit sur les deux questions qui intéressent au plus haut degré la société, la religion et le gouvernement, mis hors de doute, je me demande si elle ne proviendrait pas de quelque illusion métaphysique, et dans ce cas, quelle correction il y faut faire?

Or, en y regardant de plus près, je trouve que tout ce qui a été écrit de l'Être suprême, depuis Orphée jusqu'au docteur Clarke, n'est qu'un travail de l'imagination sur les catégories, c'est à dire sur les conceptions analytiques (simplistes et négatives), que l'entendement a la faculté de tirer de l'idée primordiale (synthétique et positive) de mouvement; travail qui consiste, ainsi que je le faisais observer tout à l'heure, à donner une réalité à des signes algébriques, à affirmer comme être vivant, actif, intelligent et libre, ce qui ne serait cependant ni homme, ni animal, ni plante, ni astre, rien de connu, de sensible, de défini ou de définissable, rien à plus forte raison de groupé ou de sérié, mais substance pure, cause pure, volonté pure, esprit pur, en un mot toute la série d'abstractions qui se déduit de la face A de l'idée de mouvement, par exclusion de la face B. Et tout cela, selon les doctes, de

[English translation]

drawn invincibly from absolute monarchy to constitutional monarchy, from that to an oligarchic or qualified republic, from oligarchy to democracy, from democracy to anarchy, from anarchy to dictatorship, to begin again with absolute monarchy, and thus in succession, perpetually. That necessity of transitions without end, which had been so clearly perceived, with regard to the political question, by Aristotle, and which has been established in our days, for the religious question, by the German philosophy, is perhaps the only positive conquest of philosophy, forced to recognize, from the mouths of its greatest writers, that even in the circle of its absolutist categories, the mind is always in movement.

That circular course of the mind on the two questions which interest society to the highest degree, religion and government, put out of doubt, I ask myself it it would not come from some metaphysical illusion, and in that case, what correction is it necessary to make?

Now, in looking more closely, I find that all that has been written about the Supreme Being, from Orpheus up to Dr. Clarke, is only a labor of the imagination on the categories, that is to say on the analytic (simplistic and negative) conceptions, that the understanding has the ability to pull from the primordial (synthetic and positive) idea of movement; a work which consists, as I observed earlier, to give a reality to algebraic signs, to affirm as a living being, active, intelligent and free, that which would be nonetheless neither man, nor animal, nor plante, nor star, nothing known, sensible, defined or definable, all the more nothing of the grouped or seriated, but pure substance, pure cause, pure will, pure mind, pur, en un mot the entire series of abstractions which are deduced from face A of the idea of movement, by the exclusion of face B. And all that, according to the learned, from