Philosophie du Progrès/44

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[original French]

l'Église dans ses exorcismes. Dieu, en un mot, n'est pas, ne peut pas être au sens que les métaphysiciens donnent à ce mot, puisque la privation de toute conditionnanté, ou le simplisme, loin d'indiquer la plus haute puissance de l'être, en marque au contraire le degré le plus bas; Dieu ne peut que devenir, c'est à cette condition seulement qu'il est(l).

Que si maintenant, après avoir écarté-les savantes chimères de la théologie, je veux consulter le témoignage spontané des races humaines sur l'essence et la fonction de l'être divin, je découvre d'abord que l'idée de Progrès,


(1) Dieu, la substance-cause, est-il simple ou multiple? S'il est simple comme le suppose Spinosa, par quel moyen, par quelle action, par quelle loi, peut-il passer de son mode d'action métaphysique au mode d'existence finie, et se manifester physiquement par la forme, la variété et la succession, dans l'espace et dans le temps, sans se diviser? Là est le nœud de la difficulté. Spinosa ne l'a résolue, et nepouvait la résoudre.

« Avec la constitution simple et indivisible donnée à la substance-cause, Dieu, doué d'ailleurs de tous les autres attributs théologiques, n'est, dans le spinosisme, rien autre chose qu'un atome solitaire dont l'étendue est infinie. Cet atome, infiniment étendu, occupe à lui seul tout l'espace, ou plutôt il n'y a pas d'espace, et l'étendue indivisible de Dieu, dans son infinité, n'est rieu autre chose que ce que nous entendons par l'espace.

Or, dans cet être simple et indivisible , dans ce Dieu atome , « infini en étendue, la propriété de l'étendue étant indivisible, puisque le sujet qui la possède est simple, il n'est pas possible, le le nombre n'existant pas en lui, de trouver la raison ni le moyen d'une action quelconque par laquelle Dieu produise la multitude des êtres étendus et finis qui constituent le phénomène de l'univers : sa constitution s'y oppose. Comme il est infini dans son étendue simple et indivisible, et qu'il n'y a rien hors de lui, il ne peut y avoir en lui que lui-même, c'est à dire un simple atome, infini en étendue. (Ch. Lemaire, Initiation à la philosophie de la Liberté, t. II.)

[English translation]

the Church in its exorcisms. God, in a word, is not, and cannot be in the sense that the metaphysicians give to that word, since the privation de toute conditionnanté, or simplism, far from indicating the highest power of being, marks, on the contrary, the lowest degree; God can only become, it is on that condition alone that is it (l).

What if now, after having dispelled the clever chimeras of theology, I should consult the spontaneous testimonies of the human races son the essence and function of the divine being, I find first that the idea of Progress,


(1) "Is God, the substance-cause, simple or multiple? If he is simple as Spinoza thought, by what means, by what action, by what law, can he pass for his mode of metaphysical action to the mode of finite existence, and manifest himself physically by form, variety and succession, in space and time, without dividing himself? There is the crux of the difficulty. Spinoza did not, and could not, resolve it.

"With the simple and individual constitution given to the substance-cause, God, endowed moreover with all the other theological attributes, it is, in Spinozism, nothing than a solitary atom of which the extent is infinite. That atom, infinitely extended, occupies by itself all space, or rather there is no space, and the indivisible expanse of God, in its infinity, is nothing other than what we mean by space.

"Now, in that simple and indivisible being, in that God-atom, infinite in extension, the property of extent being indivisible, since the subject which possesses it is simple, it is not possible, number not existing in it, to find the reason nor the means of any action whatsoever by which God produces the multitude of extended and finished beings which constitute the phenomena of the universe: his constitution is opposed to it. As he is infinite in his simple and indivisible extent, and there is nothing outside of him, he cannot have in himself anything but himself, that is to say a simple atom, infinite in extent." (Ch. Lemaire, Initiation à la philosophie de la Liberté, t. II.)