Philosophie du Progrès/45

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Philosophie du Progrès/45/44 Philosophie du Progrès/45/46

[original French]

oubliée par mégarde dans la liste des catégories de l'école, n'a pas été perdue pour les masses; qu'en vertu de cette idée, le peuple, raisonnant dans la liberté de ses instincts, parlant en son propre nom, sans truchement de l'Académie, du Portique ni de l'Église, a pris constamment pour Dieu un être agissant, mobile, progressif, sensible enfin; que seulement, à mesure que son intelligence s'est développée, il a ennobli son idole, et que la plus baute perfection qu'il ait cru lui donner, c'a été de la faire homme. Je vois que de tout temps l'Humanité a tendu, à travers ses évolutions religieuses, à anthropomorphiser ou plutôt


M. de Lamennais, Esquise d'une philosophie, a senti la difficulté, et il a tenté de la résoudre, à l'exemple des gm,stiques et kabbalistes, en se servant des hypostases divines, l'Amour, la Volonté, l'Intelligence, pour faire produire à Dieu, selon leurs catégories, tous les êtres. M. Ch. Lemaire réfute ainsi ce système : « Avec la simplicité constitutionnelle de Dieu, condition qui domine nécessairement celui de ses attributs que nous appelons l'étendue, quels que soient d'ailleurs le nombre et la variété des auti es attributs que l'on donne à Dieu pour le faire sortir de son inaction et de son impuissance à former de sa propre substance des êtres unis, tous ces attributs, tels que la Puissance, la Science, l'Amour même, ne peuvent servir « qu'à constituer des personnifications mythologiques et abstraites; mais ils sont sans efficacité pour générer le plus petit être fini, la plus petite forme, la plus petite personualité distincte en Dieu ou « hors de Dieu, et ils viennent logiquement échouer devant la simplicité et l'indivisibilité de ce Dieu, être infini et incommensurable sous le rapport de l'étendue.

En regard des effets, Dieu, substance simple et indivisible, ne peut donc être la cause des êtres finis. Si l'on suppose, pour sortir de cette difficulté, que les autres attributs de Dieu, tels que la puissance et la science, puissent changer sa constitution originelle, et diviser ce qui est déclaré être simple et indivisible, c'est tomber dans la contradiction, et dire que ce Dieu que l'on a conçu simple détroit lui-même la condition de son existence.

[English translation]

inadvertently forgotten in the list of the categories of the school, has not been lost for the masses; that by virtue of that idea, the people, reasoning in the freedom of their instincts, speaking in their own name, without the medium of the Academy, of the Portique nor of the Church, has constantly taken God for a being that is active, mobile, progressive, sensible finally; that only, to the degree that their intelligence has developed, they have ennobled their idol, and that the highest perfection that they have thought to give to it, has been to make it a man. I see that at all times Humanity has tended, across its religious evolutions, to anthropomorphize or rather


M. de Lamennais, Esquise d'une philosophie, has sensed the difficulty, and he has attempted to resolve it, after the example of the gnostics and kabbalists, in making use of divine hypostases, Love, Will, Intelligence, in order to make to produce to God, according to their categories, all beings. M. Ch. Lemaire refutes that system in this way: "With the constitutional simplicity of God, the condition which necessarily dominates the one of his attributes that we call the understanding, whatever moreover the number and variety of other attributes that we have given to God in order to make it come out from its inaction and its powerless to form from its own substance united beings, all these attributes, such as Power, Science, Love even, can only serve to form mythological or abstract personifications; but they are without efficacy to generate the smallest finished being, the smallest form, the smallest distinct personality in God or apart from God, and they come logically to fail before the simplicity and indivisibility of that God, being infinite and incommensurable with respect to extent.

With regard to effects, God, simple and indivisible substance, cannot then be the cause of finished beings. If one supposes, in order to get out of that difficulty, that the other attributes of God, such as power and science, could change his original constitution, and divide that which is declared to be simple and indivisible, one falls into contradiction, and says that the God which one has declared to be simple would himself destroy the condition of his existence.