Philosophie du Progrès/46

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[original French]

socialiser l'être ineffable; que partout et toujours, dans la conscience populaire, le problème des religions se résout dans l'identité de la nature sociale et de la nature divine; que si, d'un côté, le peuple a prêté à Dieu les facultés, les passions, les vertus et les misères de l'humanité; s'il l'a fait naître, parler, agir, souffrir et mourir comme un homme : de l'autre, il lui a conféré les attributs de la société, le règne, la législation et la justice; il l'a proclamé saint comme la société, affranchi de la mort comme la société, qui est immortelle.

Ainsi, ce que nous affirmons, cherchons, adorons comme Dieu, n'est autre chose que l'essence pure de l'Humanité, la nature sociale et la nature individuelle indivisiblement unies, mais distinctes, comme les deux natures en Jésus-Christ. Voilà ce qu'attestent la conscience populaire et la série des religions, d'accord avec une métaphysique rectifiée et complète.

Ce n'est pas tout: tandis que ce mouvement d'humanisation de l'être divin se poursuivait dans les masses, un autre s'opérait, toujours à l'insu des théologiens et des philosophes, dans la discipline intellectuelle: c'était le renoncement progressif aux mysticités ontologiques, le délaissement des catégories, reconnues aussi inutiles, pour l'explication de la nature et de la société, que les révélations et les miracles. En un sens, le genre humain, par ses tendances anthropomorphiques, approchait de lui et s'identifiait la Divinité ; en un autre sens, par son positivisme croissant, il éloignait Dieu, et le faisait pour ainsi dire reculer. C'est ainsi que là où Newton, arrêté par une difficulté qui lui semblait insoluble, faisait intervenir pour l'équilibre du monde, la Divinité; Laplace, avec une science plus haute, rendait cette intervention inutile, et renvoyait le dieu avec la machine au grenier.

Pour moi donc, résumant tous ces faits et toutes ces

[English translation]

socialize the ineffable being; that everywhere and always, in popular consciousness, the problem of the religions resolved itself in the identity of social nature and divine nature; that if, from one side, the people have loaned to God the faculties, passions, virtues and miseries of humanity; if it is necessary to be born, to speak, act, suffer and die like a man: from the other, it has conferred to him attributes of society, rulership, legislation and justice; it has proclaimed him holy like society, free from death like society, which is immortal.

Thus, what we affirm, seek and worship as God, is nothing but the pure essence pure of Humanity, social nature and individual nature indivisibly united, but distinct, like the two natures in Jesus Christ. This is what is attested to by popular consciousness and the series of religions, in accord with a rectified and complete metaphysics.

That is not all: while that movement of the humanization of the divine being was pursued in the masses, another operated, always unbeknownst to the theologians and the philosophers, in the intellectual discipline: it was the progressive renunciation of the ontological mysticités, the relinquishment of the categories, recognized as as useless, for the explication of nature and society as revelations and miracles. In one sense, the human race, by its anthropomorphic tendencies, came into contact and identified itself with Divinity; in another sense, by its growing positivism, it moves away from God, and, so to speak, makes it back up. It is thus that where Newton, stopped by a difficulty that seemed insoluble to him, made Divinity intervene for the equilibrium of the world; Laplace, with a higher science, rendered that intervention useless, and dismissed the god with the machine to the attic.

For me then, summarizing all these facts and all these