Philosophie du Progrès/49

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[original French]

d'échange; que la conséquence de cette substitution est de remplacer le mécanisme des pouvoirs politiques par l'organisation des forces économiques, etc., etc.

Je m'en fie à vous, monsieur, pour dire si dans mes déductions j'ai été logique, si véritablement, comme je le pense, l'idée de progrès, dont le synonyme est liberté, aboutit là.

C'est dans les questions économiques que j'ai poussé le plus loin le développement et l'application de mon principe. J'ai prouvé, et avec quelque succès, ce me semble, que la plupart des notions sur lesquelles repose en ce moment la pratique industrielle, et par suite toute l'économie des sociétés modernes, sont encore, comme les notions de pouvoir, d'autorité, de Dieu, de diable, etc., des conceptions analytiques, des sections mutuellement déduites l'une de l'autre par voie d'opposition, du groupe sociétaire, de son idée, de sa loi, et développées chacune à part sans frein et sans limite. D'où il résulte que la société, au lieu de reposer sur l'harmonie, est assise sur un trône de contradictions ; qu'au lieu de progresser avec certitude dans la richesse et la vertu, comme le veut sa destinée, elle présente un développement parallèle et systématique dans la misère et le crime.

Ainsi j'ai fait voir, je crois avoir fait voir, que la théorie malthusienne de la productivité du capital, justifiable comme moyen de police mercantile, et dans une certaine mesure favorable au mouvement économique, devient, si ou l'applique sur une grande échelle , si on prétend la généraliser et en faire une loi de société, incompatible avec l'échange, avec la circulation, et conséquemment avec la vie sociale elle-même; que pour faire cesser cette incompatibilité, il faut récomposer l'idée intégrale, faire que chaque emprunteur devienne prêteur, chaque prêteur emprunteur, et que tous les comptes, au débit et au crédit,

[English translation]

exchange; that the consequence of that substitution is to replace the mechanism of the political powers by the organization of economic forces, etc., etc.

I trust you, sir, to tell me if I have been logical in my deductions, if truly, as I think, the idea of progress, the synonym of which is liberty, leads there.

It is in the economic questions that I have pushed the development and application of my principle the farthest. I have demonstrated, and with some success, it seems to me, that most of the notions one which industrial practice rests at this moment, and thus all the economies of modern societies, are still, like the notions of power, authority, God, devil, etc., analytic conceptions, sections mutually deduced from one another by means of opposition, from the societary group, from its idea, from its law, and each developed separately without restraint and without limits. From which it results that society, instead of resting on harmony, is seated on a throne of contradictions; that instead of progressing towards wealth and virtue, as is its destiny, it presents a parallel and systematic development in dans misery and crime.

Thus I have shown, or I believe I have shown, that the malthusian theory of the productivity of capital, justifiable as a means of mercantile order, and to a certain degree favorable to economic movement, becomes, if one applies it on a grand scale, if one claims to generalize it and make of it a law of society, incompatible with exchange, with circulation, and consequently with social life itself; that in order to make that incompatibility cease, it is necessary to recompose the integral idea, to make it so that each borrower is a lender, each lender a borrower, and so that all accounts, to the debit and to the credit,