Philosophie du Progrès/52

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Philosophie du Progrès/52/51 Philosophie du Progrès/52/53

[original French]

J'ai fait plus : afin d'écarter tout prétexte d'irritation et de haine, j'ai eu soin de distinguer dans le Progrès l'accélération d'avec le mouvement. J'ai répété à satiété que la question de vitesse devait être laissée à l'appréciation des majorités, et que je ne regardais nullement comme des adversaires, comme des ennemis du Progrès, ceux qui, admettant avec moi l'idée du mouvement et le sens de sa direction générale, différaient peut-être sur les détails et sur le temps. Devons-nous courir ou aller au pas? Affaire de pratique, qui ne regarde point le philosophe, mais l'homme d'État. Ce que j'affirme, c'est que nous ne pouvons garder le statu quo.

Maintes fois on m'a dit: Parlez net. Vous êtes un homme d'ordre: voulez-vous ou ne voulez-vous pas de gouvernement? Vous cherchez la justice et la liberté, et vous repoussez les théories communautaires : êtes-vous pour ou contre la propriété? Vous avez défendu, en toute circonstance, la morale et la famille: est-ce que vous n'avez point de religion?

Eh bien, je maintiens intégralement toutes mes négations sur la religion, le gouvernement et la propriété; je dis que non seulement ces négations sont en elles-mêmes irréfutables, mais que déjà les faits les justifient; que ce que nous voyons poindre et se développer, depuis plusieurs années, sous l'ancien nom de religion, n'est plus la même chose que ce que nous avons accoutumé d'entendre sous ce nom; que ce qui s'agite sous la forme d'empire et de césarisme, tôt ou tard ne sera plus de l'empire, ni du césarisme, ni du gouvernement; enfin, que ce qui se modifie et se réorganise sous la rubrique de propriété, est le contraire de la propriété.

J'ajoute, néanmoins, que je retiendrai, avec le commun, ces trois mots: religion, gouvernement, propriété, et cela pour des raisons dont je ne suis pas le maître, qui tien[nent]

[English translation]

I have done more: after dispelling any pretext of irritation and hatred, it have taken care to distinguish in Progress acceleration from movement. I have repeated ad nauseam that the question of quickness could be left to the estimation of the majorities, and that I did not regard as adversaries, or as enemies of Progress, those who, accepting with me the idea of movement and the sense of its general direction, different perhaps on the details and on the time involved. Must we race or crawl? This is a practical affair, not for the consideration of the philosopher, but of the statesman. What I maintain is that we cannot preserve the status quo.

Many times it has been said to me: Tell it like it is. You are a man of order: do you, or do you not want government? You seek justice and liberty, and you reject the communitarian theories: are you for or against property? You have defended, in every circumstance, morals and the family: do you have no religion?

Well, I maintain completely all my negations of religion, government and property; I say that not only are these negations in themselves irrefutable, but that already the facts justify them; what we see burgeon and develop, for several years, under the ancient name of religion, is no longer the same thing that we have been accustomed to understand under that name; que that which agitates in the form of empire or caesarism, sooner or later will no longer be empire nor caesarism, nor government; finally, que that which modifies and reorganizes itself under the rubric of property, is the opposite of property.

I add, nonetheless, that I will retain, with the common folk, these three words: religion, government, property, for reasons of which I am not the master, which partake