Philosophie du Progrès/63

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Philosophie du Progrès/63/62 Philosophie du Progrès/63/64

[original French]

Dieu une fois, c'est pour jamais. La durée dans l'Absolu est une contradiction (1).

Celui-là donc qui a été illuminé de l'idée du beau, du juste et du saint ; qai a admiré, qui a aimé ; qui, à un moment de sa vie, concentrant l'effort de toutes ses puissances, en a senti l'exaltation ineffable: que celui-là se tranquillise, l'immortalité ne lui manque pas. Il a vécu: cela est plus consolant pour lui que de s'entendre dire qu'il vivra.

Celui, au contraire, dont le cœur rongé de vices croupit dans l'ignorance et la paresse; qui s'est fait une loi de l'iniquité ; qui a mis son intelligence d'homme au service de ses passions de brute: celui-là a trompé sa destinée ; il arrivera au terme, sans avoir connu l'existence. Qu'il appelle le prêtre à son lit de mort: il en a besoin. Le prêtre, par ses allégories, réussira peut-être à toucher cette âme féroce. Au dernier moment il lui inspirera une idée sublime, il lui communiquera, à son agonie, une étincelle de sens moral. Alors seulement le pécheur aura entrevu la vie, et pour peu qu'il y ait en lui de repentir, il mourra en paix (2)...


(1) La mort des justes, célébrée dans l'Écriture; l'anéantissement en Dieu, qui fait le fond du bouddhisme, ne sont pas autre chose que cela. Le mysticisme des Gerson, des Thérèse, des François de Sales, des Fénelon, y conduit encore. L'Église de Rome, en condamnant le dernier, a plutôt blâmé la révélation du secret que la corruption de la doctrine.

(2) Les universitaires, par leur défaut de franchise, ont produit une génération de libertins; les jésuites, avec leur bigotisme, nous créent une génération d'athées. En faisant le désespoir des âmes pendant la vie, ils se ménagent le bénéfice des recommandations in extremis. Demandez, après cela, pourquoi le peuple a besoin de religion!

[English translation]

God once, it is forever. Duration in the absolute is a contradiction.<ref>The death of the just, celebrated in the Scriptures; the annihilation in God, which forms the basis of buddhism, are nothing other than that. The mysticism of Gerson, St. Theresa, Francis de Sales and Fenelon, still leads there. The Church of Rome, in condemning the latter, has rather blamed the revelation of the secret than the corruption of the doctrine.</ref>

Thus, the one who has been illumine by the idea of the beautiful, the just and the holy; who has admired, who has loved; who, at one moment in his life, concentrating the effort of all his powers, has sensed in it the ineffable exaltation: that one is reassured, immortality will not escape him. He has lived: that is more comforting for him than to hear it said that he will live.

The one, on the contrary, whose heart is eaten up by vice rots in ignorance and laziness; who has made a law for himself from iniquity; who has put his human intelligence in the service of his brute passions: that one has betrayed his destiny; he will come to the end, without having understood existence. If he calls the priest on his death been: he has need of him. The priest, by his allegories, will perhaps succeed in touching that savage soul. At the last moment, he will inspire in him a sublime idea, it will communicate to him, to his agony, a spark of moral sense. Then alone the sinner will have glimpsed life, and for the little that he had in him of repentance, he will die in peace...<ref>The academics, by their lack of frankness, have produced a generation of libertines; the Jesuits, with their bigotry, have created a generation of atheists. En faisant the despair of souls during life, they se ménagent the benefit of testimonies in extremis. Ask, after that, why the people need religion!</ref>

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