Philosophie du Progrès/69

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[original French]

sonnements socratiques, que toute sa philosophie reposait sur l'une ou sur l'autre de ces deux négations, la négation de Dieu ou la négation de la Beauté!

Divin Platon, ces dieux que tu rêves n'existent pas. Il n'y a rien au monde de plus grand et de plus beau que l'homme.

Mais l'homme, sortant des mains de la nature, est misérable et laid; il ne devient sublime et beau que par la gymnastique, la politique, la philosophie, la musique, et surtout, chose dont tu ne parais guère te douter, l'ascétique (1).

Qu'est-ce que le beau? Tu l'as dit toi-même: c'est la forme pure, l'idée typique du vrai. L'idée, en tant qu'idée, n'existe que dans l'entendement; elle est représentée, réalisée avec plus ou moins de fidélité et de perfection par la nature et l'art.

L'art c'est l'humanité.

Tous tant que nous vivons nous sommes artistes, et notre métier à tous est d'élever en nos personnes, dans nos corps et dans nos âmes, une statue à la Beauté. Notre modèle est en nous-mêmes; ces dieux de marbre et et de bronze que le vulgaire adore, n'en sont que des étalons.

La gymnastique comprend la danse, l'escrime, la lutte, la course, l'équitation, et tous les exercices du corps. Elle développe les muscles, augmente la souplesse, l'agilité et la force, donne la grâce, prévient l'embonpoint et les maladies.

La politique embrasse le droit civil, le droit public et le droit des gens; l'administration, la législation, la diplomatie et la guerre. C'est elle qui, tirant l'homme de la


(1) Par ascétique, il faut entendre ici l'exercice industriel, ou le travail, réputé servile et ignoble chez les anciens.

[English translation]

socratic reasoning, that all of his philosophy rested on one or the other of thes two negations, the negation of God or the negation of Beauty!

Divine Plato, these gods that you dreamed do not exist. There is nothing in the world greater and more beautiful than man.

But man, rising from the hands of nature, is miserable and ugly; he can only become sublime and beautiful through gymnastics, politics, philosophy, music, and especially, something which you hardly appear to doubt, the ascetic.<ref>By ascetic, it is necessary to understand here industrial exercise, or labor, considered servile and ignoble among the ancients.</ref>

What is the beautiful? You have said it yourself: it is the pure form, the typical idea of the true. The idea, as idea, exists only in the understanding; it is represented or realized with more or less fidelity and perfection by nature and art.

Art is humanity.

Insofar as we live we are artists, and our craft is to raise in our persons, in our bodies and in our souls, a statue to Beauty. Our model is in ourselves; those gods of marble and bronze that the vulgar adore, are only étalons of it.

Gymnastics includes dance, fencing, wrestling, running, equitation, and all the exercises of the body. It develops the muscles, increases flexibility, agility and strength, gives grace and prevents excess weight and illness.

Politics embraces civil right, public right and the right of peoples; administration, legislation, diplomacy and guerre. It is that which, pulling man from the

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