Philosophie du Progrès/75

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[original French]

fond en comble tout ce que l'éducation classique, domestique et religieuse nous fait considérer comme indubitable, définitif et sacré. De tout ce que nous avons appris, vous et moi, au Collége, à l'Église, à l'Académie, au Palais, à la Bourse, à l'Assemblée nationale, il ne subsiste rien, dès qu'on l'examine à la lumière de cette notion inéluctable, antérieure à toute autre, et par cela même moins sentie, moins aperçue, le mouvement, le Progrès.

Que si maintenant, après avoir à l'aide de cette notion purgé mon cerveau, refait mon jugement, renouvelé mon âme, je regarde autour de moi, et je considère les figures qui m'environnent, je ne découvre plus dans les autres hommes, hier mes homologues, que des contradicteurs, je dirai presque des ennemis. Ici, monsieur, vous aurez à rendre compte de cette allure belliqueuse, agressive, que plusieurs m'ont reprochée, mais dont je n'ai pas toujours eu conscience, et qui tenait uniquement à ce que mes adversaires et moi, pénétrés que nous étions d'idées différentes, nous ne pouvions plus nous entendre. On l'avait dit longtemps avant que j'eusse écrit une seule ligne: II n'y a dans la société que deux partis, le parti du mouvement et le parti de la résistance, les progressistes et les absolutistes. Et cependant, combien peu connaissez-vous des premiers I combien, au contraire, ne connaissez-vous pas des seconds!

Absolutistes en première ligne, les faux sceptiques qui, méconnaissant la loi du mouvement intellectuel et le caractère essentiellement historique de la vérité, ne savent voir dans les opinions humaines qu'un amas d'incertitudes, accusent sans cesse la philosophie de contradiction et la société d'inconséquence, et de l'impossibilité prétendue de découvrir la vérité et de la faire accepter aux hommes, concluant indifféremment, les uns au laisser-faire, et les autres au bon plaisir, ne connaissent de séditieux et de

[English translation]

top to bottom all that our classical, domestic and religious education makes us consider as indubitable, definitive and sacred. From all that we have learned, you and me, at the College, the Church, the Academy, the Palace, the Bourse, and the National Assembly, nothing persists, as soon as we examine it in the light of that inevitable notion, prior to every other, and for that reason least sensed, least perceived, movement, Progress.

What if now, after having with the aid of that notion purged my brain, remade my judgment, renewed my soul, I look around me, and I consider the figures that surround me, I no longer find in other men, yesterday my counterparts, only contradictors, I would almost say enemies. Here, sir, you have to take account of that bellicose, aggressive style, for which many have reproached me, but of which I have not always been conscious, and which tenait uniquement à ce that my adversaries and myself, penetrated as we have been by different ideas, we could no longer understand each other. One had said long before that I have written only on line: There are in society only two parties, the party of movement and the party of resistance, the progressives and the absolutists. An yet, how few of the former do you know! How many, on the contrary do you not know of the second!

Absolutists en première ligne, the false skeptics who, misunderstanding the law of intellectual movement and the essentially historical nature of truth, can see in human opinions only a heap of uncertainties, unceasingly accuse philosophy of contradiction and society of inconsequence, and from the alleged impossibility of discovering truth and making it men accept it, concluding indifferently, some for laisser-faire, and other for whim, knowing for seditious