Philosophie du Progrès/87

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[original French]

ce que l'Humanité possède d'idées morales et religieuses lui vient de cette permanente et unique révélation. Comme les États de l'Europe moderne sont le produit du christianisme, plus ou moins accommodé aux circonstances et aux races, de même les États de l'antiquité furent le produit de la religion primitive, professée par Adam, Noé, Melchisédech, etc. Au fond, les législations, comme les cultes, sont identiques: tout repose sur une communication originelle de la Divinité. Qu'on fasse l'inventaire des institutions politiques et religieuses de tous les peuples, et, en dégageant le fond de la forme, on obtiendra un code de formules parfaitement homogène, que l'on peut regarder comme la sagesse révélée d'en haut, et qui est le criterium du genre humain.

Évidemment cette façon d'envisager le christianisme l'amoindrit, en ce sens qu'elle le fait rentrer dans le système général des manifestations religieuses, et l'oblige à fraterniser avec tous ces cultes auxquels il a si longtemps jeté l'anathème. Mais on peut dire aussi qu'elle le grandit de tout ce qu'elle lui fait perdre, en lui créant une catholicité plus large que celle qu'avaient conçue les premiers chrétiens. Aussi les cultes sont-ils généralement regardés comme solidaires ; leur cause est maintenant commune, et M. Edgard Quinet, en écrivant le Génie des religions, a posé nettement le principe de la religiosité moderne. L'université est d'accord en principe avec les jésuites, et le pape peut tendre la main au sultan et au grand lama. La grande réconciliation est accomplie, la foi est une comme le Verbe, et la république universelle a trouvé son criterium.

J'ai peur cependant que ce christianisme de poètes et d'archéologues n'ait abouti qu'à une mystification, et qu'à force de généraliser le criterium, ils ne l'aient perdu.

La Réforme disait: Tous les fidèles reçoivent, par le

[English translation]

that Humanity possessed of moral and religious ideas come form that permanent and unique revelation. As the States of modern Europe are the product of Christianity, more or less adapted to circumstances and races, so the States of antiquity were the product of the primitive religion, professed by Adam, Noah, Melchizedek, etc. At base, the legislations, like the cults, are identical: all rest on an original communication from the Divinity. If one made an inventory of the political and religious institutions of all peoples, and disengaged the content from the form, one would obtain a code of perfectly homogeneous formulas, that one could regard as wisdom revealed from on high, and which is the criterion of the human species.

Clearly this way of envisioning Christianity weakens it, in the sense that it makes it return into the general system of religious manifestations, and obliges it to fraternize with all the cults on which it has so long cast the anathema. But one can say as well that it increases it for all that it makes it lose, in creating from it a larger Catholicism that that which the first Christians had conceived. The cults are generally regarded as in solidarity as well; their cause is now common, and Edgard Quinet, in writing the Génie des religions, has clearly posited the principle of modern religiosity. The university is agreed in principle with the Jesuits, and the Pope can offer his had to the sultan and the grand lama. The great reconciliation is accomplished, faith is one like the Verb, and the universal republic has found its criterion.

I fear however that this Christianity of poets and archeologists has only led to a mystification, and that by generalizing the criterion, they have lost it.

The Reformation said: All the faithful receive, by the