Philosophie du Progrès/88

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[original French]

baptême et la cène, le Saint-Esprit; tous par conséquent sont interprètes de la parole du Christ: la définition canonique est inutile.

MM. de Lamennais, E. Quinet, Mazzini et les autres, ajoutent: Tous les peuples ont reçu, par leurs initiations particulières, le Saint-Esprit; tous les cultes par conséquent sont des versions de l'Évangile, et l'autorité de ces versions réunies prime celle de l'Église de Rome.

D'un côté comme de l'autre, dès qu'on récuse l'autorité spéciale, pour mettre à sa place soit le sentiment particulier, soit, ce qui revient au même, le témoignage universel; n'est-ce pas rompre le lien de la foi, et faire appel à la raison? Nous pensions avoir assuré notre criterium : il s'est évanoui.

Puis donc que nous sommes forcés d'en revenir à la raison, voyons ce qu'elle propose. A-t-elle aussi son criterium?

II

Rien de nouveau sous le soleil! De bonne heure la raison, sous le nom de science, connaissance, επιστημη, γνωσισ, ou sous celui plus modeste de philosophie, aspiration à la science, s'est opposée à la foi et a prétendu à la possession de la vérité, non plus sur la parole d'un truchement, fides ex auditu, mais par une contemplation directe et pour ainsi dire face à face, sicuti est facie ad faciem. Voir la vérité en soi, sur la seule garantie de ses yeux et de sa raison, c'est évidemment écarter la supposition d'un critère: je m'étonne que la philosophie n'ait pas su comprendre cet apologue. Telle fut pourtant la pensée de cette multitude de religionnaires, contemporains de Jésus

[English translation]

baptism and communion, the Holy Spirit; all are, as a consequence, interpreters of the words of Christ: the canonical definition is useless.

Lamennais, E. Quinet, Mazzini and others add: All the peoples have received, by their individual initiations, the Holy Spirit; all cults are consequently versions of the Gospel, and the authority of these versions together takes precedent over that of the Church of Rome.

From one side as from the other, as soon as one rejects the special authority, in order to put in its place either individual sentiment, or, which amounts to the same thing, universal testimony, is this not to break the link with faith, and make an appeal to reason? We thought we had secured our criterion: it has vanished.

Since we are forced to return to reason, let us see what it offers. Does it also have its criterion?

II

Nothing new under the sun! Early on, reason, under the name of science, knowledge, επιστημη, γνωσισ, or under the more modest one of philosophy, aspiration to science, opposed itself to faith and has claimed the possession of truth, no longer through the words of a medium, fides ex auditu, but by a contemplation that is direct and, so to speak, face à face, sicuti est facie ad faciem. To see truth in itself, on the sole guarantee of one's eyes and one's reason, is clearly to reject the hypothesis of a criterion: I am astonished that philosophy has not been able to understand that apologue. Such was, however, the thought of that multitude of religionists, contemporaries of Jesus