Philosophie du Progrès/91

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Philosophie du Progrès/91/90 Philosophie du Progrès/91/92

[original French]

[pleni]tude, si la réalité n'existe que fractionnellement dans les relations et dans les choses, il s'ensuit:

Que nous pouvons bien connaître la loi de nos pensées, la règle de nos actions, le système de nos évolutions, la marche de nos institutions et de nos mœurs; nous conformer de notre mieux, dans l'exercice de notre liberté, à cette loi, à cette règle, à ce système, à cette marche providentielle; que nous pouvons enfin, dans la pratique de la vie, rendre des jugements équitables, mais que nous ne pouvons jamais rendre des jugements juste. Dieu lui- même ne le pourrait pas. Sa raison, de même que la nôtre, ne prononce avec justesse que sur l'ensemble, jamais sur le détail: à cette condition seulement on peut dire, avec le psalmiste, que les jugements divins sont absolus, justificata in semetipsa.

Rendons cela plus sensible par des exemples.

L'idée de valeur est élémentaire en économie: tout le monde sait ce qu'on entend par là. Rien de moins arbitraire que cette idée, c'est le rapport comparatif des produits qui, à chaque moment de la vie sociale, composent la richesse. La valeur, en un mot, indique une proportion.

Or, une proportion est quelque chose de mathématique, d'exact, d'idéal, quelque chose qui, par sa haute intelligibilité, exclut le caprice et la fortune. Il y a donc, au dessus de l'offre et de la demande, une loi de comparaison des valeurs, partant une règle d'évaluation des produits.

Mais cette loi ou règle est une idée pure, dont il est impossible à aucun moment, et pour aucun objet, d'avoir l'application précise, l'étalon exact et vrai. Les produits varient sans cesse en quantité et en qualité; le capital dans la production et les frais qu'elle coûte varient également. La proportion ne reste pas la même deux instants de suite : un criterium ou étalon des valeurs est donc impossible. La pièce d'argent, du poids de cinq grammes,

[English translation]

if reality exists only fractionally in relations and in things, it follows:

Let us learn to know well the law of our thoughts, the rule of our actions, the system of our evolutions, the course of our institutions and of our mores; let us conform to our best, in the exercise of our liberty, to that law, to that rule, to that system, to that providential course; finally, let us, in the practice of life, render equitable judgments: we can never render these judgments just. God himself could not do it. His reason, just like ours, only pronounces rightly on the whole, never on the detail: on that condition only can one say, with the psalmist, that divine judgments are absolute, justificata in semetipsa<ref>justificata in semitipsa: from the Little Office of the Blessed Virgin: "judicia Domini vera, justificata in semetipsa" ("the judgments of the Lord are true, justified in themselves") (Manual of the Sodality of the Blessed Virgin Mary 68-69).</ref>

Let us render that more sensible by some examples.

The idea of value is elementary in economics: everyone knows what is meant by it. Nothing is less arbitrary than that idea; it is the comparative relation of products which, at each moment of social life, make up wealth. Value, in a word, indicates a proportion.

Now, a proportion is something mathematical, exact, ideal, something which, by its high intelligibility, excludes caprice and fortune. There is then, above supply and demand, a law of comparison of values, therefore a rule for the evaluation of products.

But that law or rule is a pure idea, of which it is impossible, at any moment, and for any object, to have the precise application, the exact and true standard. Products vary unceasingly in quantity and in quality; the capital in the production and its cost vary equally. The proportion does not remain the same for two instants in a row: a criterion or standard of values is thus impossible. The piece of money, five grams in weight,

Notes

<references />