Philosophie du Progrès/94

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Philosophie du Progrès/94/93 Philosophie du Progrès/94/95

[original French]

ont reçu ce qui leur revenait, cuique suum, ni plus ni moins?...

Des philosophes qui se croient profonds, et qui ne sont qu'impertinents, s'imaginent qu'ils ont trouvé une fin de non-recevoir contre le principe d'égalité, qui fait le fond de la critique antipropriétaire. Ils disent qu'il n'y a pas deux choses égales dans tout l'univers. — Soit. Admettons qu'il n'y ait pas dans le monde deux choses égales: du moins on ne niera pas que toutes choses ne soient en équilibre, puisque, sans équilibre, comme sans mouvement, il n'y a pas d'existence. Quel est donc l'équilibre des fortunes? Quels en sont les minima et les maxima? Quel rapport entre les minima et maxima de la fortune, et les minima et maxima de la capacité? Qu'on veuille bien me le dire: parce que sans cela tout redevient usurpation, et le plus ignorant, le plus incapable des humains a le droit d'être aussi bien traité que le plus savant et le plus vaillant, ne fût-ce qu'à titre d'indemnité de sa faiblesse et de son ignorance.

Évidemment, il n'y a pas de criterium de la propriété, ni pour la mesure, ni pour l'acquisition, ni pour la transmission, ni pour la jouissance. Aussi, chose à noter, de cette absence d'un criterium pour la juste appropriation des biens, l'auteur de l'Évangile a conclu, après Lycurgue, Pythagore, Platon, à la communauté, l'antiquité tout entière à l'esclavage, et l'économie malthusienne au salariat.

Que dit maintenant la science nouvelle, la théorie du Progrès, sur la propriété?

Elle dit que la propriété, comme le prix des choses, est originairement le produit d'un contrat, que ce contrat est déterminé par la nécessité du travail, de même que la convention qui fixe le prix des choses est déterminée par la nécessité de l'échange; mais que, de même qu'avec le temps et la concurrence le prix de chaque chose se rap[proche]

[English translation]

have received what ought to come back to them, cuique suum, neither more nor less?...

Some philosophers who think themselves profound, and who are only impertinent, imagine that they have found a flat refusal of the principle of equality, which forms the basis of the anti-proprietary critique. They say that there are not two equal things in the whole universe. — Very well. Let us admit that there have not been two equal things in the world: at least on will not deny that all have been in equilibrium, since, without equilibrium, as without movement, there is no existence. What then is the equilibrium of fortunes? What are its minima and its maxima? What is the relation between the minima and maxima of the fortunes, and the minima et maxima of the capacities? [Qu'on veuille bien me le dire]: because without it all again becomes usurpation, and the most ignorant, the most incompetent of humans has the right to be treated as well as the and the most valiant, if only as a compensation for his weakness and his ignorance.

Clearly, this is no criterion for property, neither for its measure, nor its acquisition, nor its transmission, nor its enjoyment. Note also that from that lack of criterion for just appropriation of goods, the author of the Gospel has concluded, following Lycurgus, Pythagorus, Plato, for communism, all of antiquity for slavery, and malthusian economics for the salariat.

What now does the new science, the theory of Progress, say about property?

It says that property, like the price of things, is originally the product of a contract, that that contract is determined by the necessity of labor, just as the convention which fixes the price of things is determined by the necessity of exchange; but that, just as with time and competition the price of each thing approaches