Philosophie du Progrès/95

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Philosophie du Progrès/95/94 Philosophie du Progrès/95/96

[original French]

[rap]proche de plus en plus de la valeur vraie, de même avec le temps et le crédit la propriété tend à se rapprocher de plus en plus de l'égalité. Seulement, tandis que le prix des marchandises, ou la juste rémunération du travailleur, parvient à son taux normal en une période généralement assez courte, la propriété n'arrive à son équilibre qu'en un temps beaucoup plus long: à peu près comme si l'on comparait le mouvement annuel de la terre à la révolution des équinoxes.

Ici donc, je le répète, il existe une règle pour le législateur; il n'y a pas de criterium pour le juge. Tandis que la justice éternelle accomplit lentement son œuvre, la jurisprudence est forcée d'obéir à la coutume, à la religion du contrat.

Les sciences naturelles offrent des exemples de cette distinction entre la loi des choses et leur réalisation: la première absolue et immuable; la seconde essentiellement mobile, approximative et invraie. Ainsi c'est une loi que les astres pèsent les uns sur les autres en raison directe de leurs masses et inverse du carré de leurs distances; qu'ils balaient des aires proportionnelles aux temps, etc. Mais ces lois, que nous ne pouvons saisir qu'en embrassant par la pensée d'immenses et nombreuses révolutions, sont à peu près tout ce qu'il y a de vrai dans l'existence des mondes; quant aux phénomènes, ils sont ce que l'on peut imaginer de plus irrégulier. Il est de fait, par exemple, que les cercles sidéraux ne sont pas ronds; qu'ils ne sont pas non plus ovales; bien plus, que leurs courbes tremblées ne rentrent pas sur elles-mêmes, etc. Où tendent-elles, en définitive? Nul ne le sait. L'armée céleste roule dans un espace sans bornes, sans présenter jamais deux fois de suite les mêmes positions. Faut-il en conclure que la géométrie et l'arithmétique, par lesquelles nous calculons ces mouvements, sont fausses, et la science il[lustrée]

[English translation]

more and more their true value, just as with time and credit property tends more and more to approach equality. Only, while the price of merchandise, or the just remuneration of the laborer, generally reaches its normal rate in a rather short period, property only arrives at its equilibrium after a much longer times: somewhat as if one compared the annual movement of the earth to the revolution of the equinoxes.

Here then, I'll repeat it, there exists a rule for law-maker; but there is not a criterion for the judge. While eternal justice slowly accomplishes its work, jurisprudence is force to obey custom, to obey the religion of the contract.

The natural sciences offer examples of that distinction between the law of things and their realization: the first is absolute and unchanging; the second essentially mobile, approximate and untrue. Thus it is a law that the stars weigh on one another in direct relation to their masses and inverse to the square of their distances; that they sweep areas proportional to time, etc. But these laws, that we can grasp only by embracing in thought immense and numerous revolutions, are practically all that is true in the existence of the worlds; as for phenomena, that are as irregular as one can imagine. It is a fact, for example, that the sidereal circles are not round, nor are they oval; more, that their shaky curves do not return on themselves, etc. Where do they tend, finally? No one knows. The celestial army rolls in a space without bounds, without ever presenting twice in a row the same positions. Is it necessary to conclude that geometry and arithmetic, by which we calculate these movements, are false, and the science illustrated