Résumé de la question sociale (deuxième article)

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This essay, originally published in Le Représantant du Peuple, May 11, 1848, appeared in Œuvres Complètes, in Volume XVII, Mélanges. Tome I.


[original French]

(No 40. — 11 mai 1848.)

Paris, 10 mai.

RÉSUMÉ DE LA QUESTION SOCIALE. — BANQUE D'ÉCHANGE

DEUXIÈME ARTICLE

On parle fort, dans le monde, du futur Président de la République. C'est l'idée de M. de Lamennais, appuyée de l'opinion de M. de Lamartine. L'argument décisif est l'exemple des Américains. Nous avons reçu la féodalité des Barbares, la monarchie constitutionnelle des Anglais; nous prendrons la démocratie présidentielle à l'Amérique. Pourrions-nous faire quelque chose qui fût français!

D'autres sont d'avis de former un directoire, une régence polycéphale. Cette idée, qui n'a rien non plus de neuf, paraît venir du National, à qui nous n'en ferons, pour notre part, ni compliment ni reproche. Puissent seulement le National, et tous ceux qui l'aiment, faire partie de la direction !

Quelques-uns préféreraient un consulat décennal ou à vie, transition obligée au titre monarchique. Je soupçonne le ministre de la justice, auteur de l'abolition du serment, d'être le chef secret de ce parti, que la foi jurée (more judaico) n'embarrassera plus.

Ainsi donc l'autorité, toujours l'autorité ! Voilà ce qui préoccupe l'Assemblée nationale. De quelque côté qu'elle se tourne, elle ne rêve qu'autorité et pouvoir, autorité vigoureusement constituée et pouvoir fort ! Vive la République ! pour nos constituants, est la même chose que Vive le gouvernement! — Comprenez-vous enfin, hommes de la Révolution, que votre démocratie n'est qu'une monarchie qui n'ose pas s'avouer, une monarchie de mauvaise foi? Comprenez-vous que l'idéologie politique ne sert absolument de rien pour créer l'égalité, même politique; qu'aussi longtemps qu'on n'aura pas trouvé, par la science économique, la pondération des intérêts, on n'aura pas davantage la pondération des pouvoirs et la pondération des libertés, et qu'on sera forcé d'organiser, au-dessus des libertés et des intérêts en lutte, une autorité toujours plus concentrée, c'est-à-dire toujours plus personnelle, toujours plus arbitraire, pour contenir, réprimer, trancher, pour en finir avec tout intérêt qui réclame et toute liberté qui resiste?

On dit aussi que MM. de Rothschild sont en ce moment réunis à Paris pour rétablir et consolider le crédit européen. Remarquez la coïncidence!...

Les Juifs donc, encore les Juifs et toujours les Juifs ! Sous la République, comme sous Louis-Philippe, comme sous Louis XIV, nous sommes à la merci des Juifs. Or, si les Juifs se chargent de rétablir le crédit, il en sera de la question sociale comme de la question politique. Le crédit continuera d'être un mensonge ; le prolétaire continuera d'être exploité par le bourgeois : la prétendue organisation du travail ne sera qu'une restauration du capital. Féodalité politique et féodalité mercantile, voilà, en trois mots, ce que sera devenue la Révolution!

Les contre-révolutionnaires, les connaissez-vous, à présent, citoyens!

(Voir la suite aux Œuvres complètes, t. VI, p. 180, § IV Banque d'échange.)

[English translation]